Thérèse Levasseur


Thérèse Levasseur (Orléans, 1721 – Le Plessis-Belleville, 1801). 


CE QUE JEAN JACQUES DIT DE SA FEMME…

Début d’une lettre de Thérèse à Jean Jacques.

Il écrit : « elle n’a jamais bien su lire, quoiqu’elle écrive passablement. »

Cette lettre éclaire la signification de « écrire passablement »…

Ceu Merquedies a quat eur du matin au vintrois juin mileu soisante e deus

Mon cher ami quele goie que gei ues deu reu ceuvoir deu voes cher nouvele jeu vous a jurre…

Ce mercredi à quatre heures du matin le vingt-trois juin 1762

Mon cher ami quelle joie de recevoir de vos chères nouvelles, je vous jure…

Durant l’hiver 1744-1745, Rousseau rencontre Thérèse à l’Hôtel Saint-Quentin, où il réside. Elle y est servante-lingère. Vers la fin du livre VII des Confessions, Rousseau raconte sa première rencontre avec Thérèse :

« Nous avions une nouvelle hôtesse qui était d’Orléans. Elle prit pour travailler en linge une fille de son pays, d’environ vingt-deux à vingt-trois ans, qui mangeait avec nous ainsi que l’hôtesse. Cette fille, appelée Thérèse I.e Vasseur était de bonne famille ; son père était officier de la Monnaie d’Orléans ; sa mère était marchande. »

La relation devient rapidement plus intime.

Thérèse n’est plus vierge lors de leur premier rapport, Rousseau  craint qu’elle ne soit atteinte d’une maladie vénérienne, il est heureux de la trouver « sage et saine » :

« Je n’avais cherché d’abord qu’à me donner un amusement. Je vis que j’avais plus fait, et que je m’étais donné une compagne. Un peu d’habitude avec cette excellente fille, un peu de réflexion sur ma situation, me firent sentir qu’en ne songeant qu’à mes plaisirs, j’avais beaucoup fait pour mon bonheur. Il me fallait à la place de l’ambition éteinte un sentiment vif qui remplît mon cœur. Il fallait, pour tout dire, un successeur à Maman : puisque je ne devais plus vivre avec elle, il me fallait quelqu’un qui vécût avec son élève, et en qui je trouvasse la simplicité, la docilité de cœur qu’elle avait trouvée en moi. Il fallait que la douceur de la vie privée et domestique me dédommageât du sort brillant auquel je renonçais. Quand j’étais absolument seul, mon cœur était vide ; mais il n’en fallait qu’un pour le remplir. Le sort m’avait ôté, m’avait aliéné, du moins en partie, celui pour lequel la nature m’avait fait. Dès lors j’étais seul ; car il n’y eut jamais pour moi d’intermédiaire entre tout et rien. Je trouvai dans Thérèse le supplément dont j’avais besoin ; par elle je vécus heureux autant que je pouvais l’être selon le cours des événements. »

Thérèse est vraiment très frustre :

« Je voulus d’abord former son esprit. J’y perdis ma peine. Son esprit est ce que l’a fait la nature ; la culture et les soins n’y prennent pas. Je ne rougis point d’avouer qu’elle n’a jamais bien su lire, quoiqu’elle écrive passablement . »

Plus loin dans  le même paragraphe :

« Elle n’a jamais pu suivre 1’ordre des douze mois de l’année, et ne connaît pas un seul chiffre  »

ou encore dans ne note au début du livre VII :

« Elle est il est vrai plus bornée et plus facile à tromper que je ne l’aurai cru ; mais pour ce qui est de son caractère  […] il est digne de toute mon estime ».
Au livre XII, il essaye de trouver quelque reproche à lui faire. Qu’a-t-il à reprocher à Thérèse ? Rien, il lui reproche d’être une femme :

« Il faut dire tout : je n’ai dissimulé ni les vices de ma pauvre Maman, ni les miens ; je ne dois pas faire plus de grâce à Thérèse, et, quelque plaisir que je prenne à rendre honneur à une personne qui m’est si chère, je ne veux pas non plus déguiser ses torts, si tant est même qu’un changement involontaire dans les affections du cœur soit un vrai tort. Depuis longtemps je m’apercevais de l’attiédissement du sien. Je sentais qu’elle n’était plus pour moi ce qu’elle fut dans nos belles années, et je le sentais d’autant mieux que j’étais le même pour elle toujours. Je retombai dans le même inconvénient dont j’avais sentit l’effet auprès de Maman et cet effet fut le même auprès de Thérèse : n’allons pas chercher des perfections hors de la nature ; il serait le même auprès de quelque femme que ce fût. »

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1 réflexion à propos de “ Thérèse Levasseur ”

  1. Bonjour
    Je vous informe de la tenue d’un spectacle théâtral à Trie Château pour le 250 anniversaire de la venue de JJ Rousseau à Trie où il a écrit le livre VI des Confessions.
    Il aura lieu le 17 septembre 2017 à 16h dans le château et le parc du Prince de Conti à Trie Château

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