L’homme, l’écrivain et ses idées

                        

             Introduction :

   S’il est un écrivain dont la vie et l’ouvre s’interpénètrent avec autant de force, c’est bien Jean-Jacques Rousseau. Sa vie étant connue grâce à ses ouvres autobiographiques, nous nous appuierons sur celles-ci, notamment Les Confessions, pour présenter l’homme, l’écrivain et ses idées.

Cet autodidacte est le créateur d’un nouveau genre littéraire-l’autobiographie-, homme des Lumières, précurseur du romantisme, pédagogue, musicien mais aussi enfant fugueur, adolescent mauvais garçon, infatigable voyageur, et père indigne, Rousseau sera toujours à la recherche de sa place dans la société.

On peut suivre cet itinéraire original à travers une production abondante et variée.

Plan adopté :I)  L’histoire d’une vie devient un nouveau genre littéraire : l’autobiographieII)  La période heureuse et les premières déceptions, 1712 -1728, (Livre I des

Confessions)

III)  La formation (1728-1749), Livres II à VII des Confessions

IV) La création (1749-1762), livres VIII à XI des Confessions

V)   Les années de solitude (1762-1778),  suivi en annexe par la liste des ouvres,    une représentation chronologique et les sources.

I) L’histoire d’une vie devient un nouveau genre littéraire : l’autobiographie

Tentative de définition de l’autobiographie

Nous appelons autobiographie le récit rétrospectif en prose que quelqu’un fait de sa propre existence, quand il met l’accent sur sa vie individuelle, en particulier sur l’histoire de sa personnalité. Cette définition met en jeu des éléments qui appartiennent à trois catégories différentes :

1. la forme du langage : a) récit b) en prose

2. le sujet traité :  a) vie individuelle b) histoire d’une personnalité

3. la situation de l’auteur : a) identité de l’auteur, du narrateur et du personnage

b) perspective rétrospective du récit

Le fil personnel et chronologique ne doit pas être un mode de présentation pour autre chose (ouvre scientifique, philosophique…) Il faut surtout une volonté d’ordonner ses souvenirs, de parvenir à une histoire de la personnalité, une genèse de la personnalité depuis l’enfance et l’éducation, unité et sens d’une vie.

Quelques genres voisins ne répondent pas à l’ensemble de ces principes : le journal intime où il n’y a pas de vision rétrospective ; la fiction autobiographique sans d’identité auteur/narrateur/personnage ; les mémoires  ne concernent pas la vie individuelle et son histoire, il ne peut s’agir d’un problème de point de vue mais de proportion entre matière intime, individuelle, matière historique, collective.

Le pacte autobiographique

« S’interroger sur le sens, les moyens, la portée de son geste, tel est le premier acte de l’autobiographe: souvent le texte commence, non point par l’acte de naissance de l’auteur (je suis né le….) mais par une sorte d’acte de naissance du discours, « le pacte autobiographique« .

En cela, l’autobiographe n’invente pas: les mémoires commencent rituellement par un pacte de ce genre: exposé d’intention, circonstances où l’on écrit, réfutation d’objections ou de critiques. Mais le rite de présentation a une fonction beaucoup plus importante pour l’autobiographe, puisque la vérité qu’il entreprend de dévoiler lui est personnelle, qu’elle est lui. Ecrire un pacte autobiographique (quel qu’en soit le contenu), c’est d’abord poser sa voix, choisir le ton, le registre dans lequel on va parler, définir son lecteur, les relations qu’on entend avoir avec lui: c’est comme la clef, les dièses ou les bémols en tête de la portée : tout le reste du discours en dépend. C’est choisir son rôle.

Cette conduite affichée, cette interrogation sur ce qu’on fait, ne cessent pas une fois le pacte autobiographique terminé: tout au long de l’ouvre, la présence explicite (parfois même indiscrète) du narrateur demeure. C’est là ce qui distingue le récit autobiographique des autres formes du récit à la première personne: une relation constante y est établie entre le passé et le présent, et l’écriture y est mise en scène.

Il conviendra donc d’étudier selon Lejeune la relation du narrateur avec le personnage (de l’adulte avec l’enfant) ; l’ identification, la nostalgie, la distanciation, l’ humour, le rejet, la relation du narrateur avec lui-même devant le lecteur ; analyser la composition de son récit en montrant les problèmes de la mémoire, de la chronologie ; poser le problème de la sincérité.

Le pacte autobiographique de Rousseau :

Intus et in cute, (intérieurement et sous la peau), Préambule des Confessions

« Je forme une entreprise qui n’eut jamais d’exemple et dont l’exécution n’aura point d’imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature; et cet homme ce sera moi.

    Moi seul. Je sens mon coeur et je connais les hommes. Je ne suis fait comme aucun de ceux que j’ai vus; j’ose croire n’être fait comme aucun de ceux qui existent. Si je ne vaux pas mieux, au moins je suis autre. Si la nature a bien ou mal fait de briser le moule dans lequel elle m’a jeté, c’est ce dont on ne peut juger qu’après m’avoir lu.

    Que la trompette du jugement dernier sonne quand elle voudra; je viendrai, ce livre à la main, me présenter devant le souverain juge. Je dirai hautement: voilà ce que j’ai fait, ce que j’ai pensé, ce que je fus. J’ai dit le bien et le mal avec la même franchise. Je n’ai rien tu de mauvais, rien ajouté de bon, et s’il m’est arrivé d’employer quelque ornement indifférent, ce n’a jamais été que pour remplir un vide occasionné par mon défaut de mémoire; j’ai pu supposer vrai ce que je savais avoir pu l’être, jamais ce que je savais être faux. Je me suis montré tel que je fus, méprisable et vil quand je l’ai été, bon, généreux, sublime, quand je l’ai été: j’ai dévoilé mon intérieur tel que tu l’as vu toi-même. Être éternel, rassemble autour de moi l’innombrable foule de mes semblables; qu’ils écoutent mes confessions, qu’ils gémissent de mes indignités, qu’ils rougissent de mes misères. Que chacun d’eux découvre à son tour son coeur aux pieds de ton trône avec la même sincérité; et puis qu’un seul te dise, s’il l’ose: Je fus meilleur que cet homme-là. »

On peut voir dans cette volonté de proclamer la singularité de l’individu un certain aspect romantique: l’affirmation du moi; un auteur qui se sent isolé de ses semblables, et qui se sent aussi messager. Son entreprise est anti-classiqueau XVIIe siècle, les grands écrivains pensaient, comme Blaise Pascal (1623-1662) que «le moi est haïssable», (Pensées, 455) Rousseau est donc un précurseur qui s’engage dans une voie nouvelle: la narration des aventures personnelles, l’analyse des états d’âme individuels qui continueront durant toute la période romantique.

D’un autre côté, son attitude peut sembler un peu paradoxale, puisqu’il affirme sa singularité, il précise qu’il est différent des autres, mais veut tout de même être comparé à eux: «qu’un seul te dise, s’il l’ose: «je fus meilleur que cet homme-là»

Rousseau présente son ouvrage comme unique. Sans précédent et sans postérité: affirmations catégoriques… et discutables :

«une entreprise qui n’eut jamais d’exemple» : Saint Augustin auquel il emprunte son titre, Montaigne (1533-1592) ont, avant Rousseau, utilisé le genre autobiographique

«dont l’exécution n’aura point d’imitateur» : les autobiographies, carnets, seront très nombreux au XIXe et XXe siècles, on ne comptera plus les confessions de… ou les prix Goncourt où l’autobiographie est à peine déguisée.

Le MOI sera au centre de cette oeuvre

L’obsession de la transparence s’exprime  par la volonté de tout dire: contrastes, antithèses: (les deux facettes du personnage seront révélées)

«J’ai dit le bien et le mal avec la même franchise. Je n’ai rien tu de mauvais, je n’ai rien ajouté de bon ; et même s’il m’est arrivé d’employer quelque ornement indifférent, ce n’a jamais été que pour remplir un vide occasionné par mon défaut de mémoire. J’ai pu supposer vrai ce que je savais avoir pu l’être, jamais ce que je savais être faux. Je me suis montré tel que je fus ; méprisable et vil quand je l’ai été, bon, généreux, sublime, quand je l’ai été»

Ce texte qui annonce le projet autobiographique révèle certains aspects de la personnalité de son auteur, c’est un document capital sur l’orgueil et la recherche de la sincérité de Rousseau.

La vie de Rousseau telle qu’elle est racontée dans les Confessions nous servira de fil conducteur pour présenter son ouvre.

II) La période heureuse et les premières déceptions, 1712 -1728, (Livres I des Confessions)

1712 Naissance de Jean-Jacques Rousseau à Genève le 28 juin (Grand’rue 40).

 ci-dessous : Rousseau et son père
Mort de sa mère Suzanne Bernard le 7 juillet.

1717  Isaac Rousseau horloger s’installe avec ses deux fils à la rue de Coutance, dans le quartier de Saint-Gervais.

1722  A la suite d’une querelle, le père de Rousseau quitte Genève et s’installe à Nyon.
Jean-Jacques est mis en pension chez le pasteur Lambercier à Bossey.

1724    Retour à Genève où il habite chez son oncle Gabriel Bernard.

1725 Commence un apprentissage chez Masseron, greffier de la Ville.

1726  Apprentissage chez Ducommun, maître graveur.

1728 Trouvant les portes de Genève fermées, Jean-Jacques s’éloigne de sa ville natale (14 mars).

« « Dans nos promenades hors de la ville, j’allais toujours en avant sans songer au retour, à moins que d’autres n’y songeassent pour moi. J’y fus pris deux fois; les portes furent fermées avant que je pusse arriver. Le lendemain je fus traité comme on s’imagine, et la seconde fois il me fut promis un tel accueil pour la troisième, que je résolus de ne m’y pas exposer. Cette troisième fois si redoutée arriva pourtant. Ma vigilance fut mise en défaut par un maudit capitaine appelé M. Minutoli, qui fermait toujours la porte où il était de garde une demi-heure avant les autres. Je revenais avec deux camarades. A demi-lieue de la ville, j’entends sonner la retraite; je double le pas; j’entends battre la caisse, je cours à toutes jambes: j’arrive essoufflé, tout en nage; le coeur me bat; je vois de loin les soldats à leur poste; j’accours, je crie d’une voix étouffée. Il était trop tard. A vingt pas de l’avancée je vois lever le premier pont. Je frémis en voyant en l’air ces cornes terribles, sinistre et fatal augure du sort inévitable que ce moment commençait pour moi.

Dans le premier transport de douleur, je me jetai sur le glacis et mordis la terre. Mes camarades, riant de leur malheur, prirent à l’instant leur parti. Je pris aussi le mien; mais ce fut d’une autre manière. Sur le lieu même je jurai de ne retourner jamais chez mon maître; et le lendemain, quand, à l’heure de la découverte, ils rentrèrent en ville. je leur dis adieu pour jamais, les priant seulement d’avertir en secret mon cousin Bernard de la résolution que j’avais prise, et du lieu où il pourrait me voir encore une fois. »

Le curé de Confignon le dirige à Annecy chez Mme de Warens. Elle l’envoie à Turin, il voyage à pied. Le 21 avril, il abjure le protestantisme, puis il est baptisé catholique le 23. Il sert chez Mme de Vercellis, puis chez le comte de Gouvon.

Françoise-Louise de Warens (Vevey, 1699 – Chambéry, 1762)
Rousseau rencontre Mme de Warens à Annecy le 21 mars 1728, dimanche des Rameaux, alors qu’il est encore adolescent. Il est immédiatement séduit et s’empresse de retourner vers elle après un séjour à Turin. Il demeure souvent à ses côtés de 1729 à 1742, mais c’est surtout durant l’été 1736 et le printemps 1737, aux Charmettes, que Rousseau vit son plus parfait bonheur avec celle qu’il adore. Le 12 avril 1778, cinquante ans après leur première rencontre, il lui rend hommage

dans ses dernières lignes : la dixième promenade des Rêveries.

1729

Retour à Annecy. Il fréquente le séminaire des Lazaristes, puis il devient pensionnaire à la maîtrise de la cathédrale d’Annecy.

Ci-dessus : Rousseau rencontre Mme de Warens

C’est donc la période de l’enfance heureuse et des premières déceptions. Rousseau naît le 28 juin 1712 à Genève, république calviniste. « Ma naissance fut le premier de mes malheurs », dit-il : sa mère meurt en lui donnant le jour. Le petit Jean-Jacques est successivement confié par son père, modeste horloger, à son oncle, au pasteur Lambercier, à un greffier que ne satisfait pas le jeune apprenti, et à un graveur brutal et injuste. Rousseau a vécu cette période comme une dégradation progressive, au cours de laquelle son innocence et sa pureté originelles sont mises à mal. L’enfant sensible et aimant apprend, à force de mauvais traitements, à se révolter, à mentir et à voler. Cette période s’achève brutalement par la fuite de Genève le 14 mars 1728.

III) La formation (1728-1749), Livres II à VII des Confessions

1729  Retour à Annecy. Il fréquente le séminaire des Lazaristes, puis il devient pensionnaire à la maîtrise de la cathédrale d’Annecy.

1730  Idylle des cerises (1 juillet). Il fait un long périple à pied : Nyon, Fribourg, Lausanne, Vevey, Neuchâtel, où il donne des leçons de musique.

1731  A Boudry, il devient interprète d’un faux archimandrite qu’il suit à Neuchâtel, Fribourg, Berne et Soleure où l’escroc est démasqué. Nouveau séjour à Neuchâtel. Départ pour Paris. Retour à Chambéry par Lyon.
Il travaille comme employé au cadastre de Savoie.

1732  Maître de musique à Chambéry.

1734  Mort de Claude Anet, Rousseau le remplace comme intendant de Mme de Warens.

1735 ou 1736  Idylle des Charmettes.

1737  Séjour incognito à Genève pour recueillir l’héritage de sa mère.
Voyage à Montpellier pour consulter le docteur Fizes sur son polype au coeur.

1738  Retour à Chambéry. Wintzenried est le nouvel intendant et amant de Mme de Warens.

1739  Jean-Jacques vit seul aux Charmettes. Il lit beaucoup et écrit.

1740  Préceptorat à Lyon chez les Mably : Projet pour l’éducation de Monsieur de Sainte-Marie.

1741  Retour à Chambéry, où il travaille à un nouveau système de notation musicale.

1742 Rousseau est malade aux Charmettes. Épître à Parisot. Il présente à l’Académie des Sciences de Paris son Projet concernant de nouveaux signes pour la musique. L’Académie lui décerne un certificat.

1743 Publication de la Dissertation sur la Musique moderne. Rousseau commence l’opéra Les Muses

       galantes. En septembre, il devient secrétaire auprès du comte de Montaigu, ambassadeur de France

à Venise.

Rousseau appliquera les idées nouvelles dont il est, pour partie, le promoteur dans son opéra Le devin du village, ouvre la plus jouée sur la scène lyrique européenne jusqu’au début du siècle suivant. Mozart s’en inspirera dans Bastien et Bastienne. Le Genevois Rousseau, à l’exemple de ses inspirateurs italiens, dégage la mélodie de l’harmonie d’ensemble, il pense la musique moins verticalement, et, surtout, la voix soliste trouve ou retrouve une forme de primat. Rousseau est l’auteur le plus lu par l’Europe qui compte sur le plan de l’intelligence, en terre allemande, en Angleterre, en Italie. son héritier en musique sera Gluck, sans doute eût-il préféré un Italien, les Allemands passent, encore à l’époque, pour un peu barbares, et un demi siècle plus tôt, Mme Couperin fera des lettres de Bach adressées à son mari et auxquelles il ne répondra jamais, des couvercles de pots de confiture.

1744  En août, il quitte Venise pour retourner à Paris.

1745  Rousseau se lie avec Thérèse Levasseur (ci-contre à gauche), la lingère de son hôtel. Rousseau est en relations avec Denis Diderot et Condillac. Correspondance avec Voltaire.

1746  Rousseau compose son poème l’Allée de Sylvie. Naissance du premier des cinq enfants de Rousseau (tous déposés à l’Hospice des Enfants-Trouvés). Devenu le secrétaire des Dupin, il séjourne avec eux au château de Chenonceaux.

1747  Le 9 mai, mort de son père, Isaac Rousseau à Vevey.

Les années 1728-1749 (des livres II à VII des Confessions inclus) constituent  une période de formation et de gestation pour Rousseau. De 16 à 37 ans, seul et sans ressources après sa fuite, il est recueilli par Madame de Warens, qui l’envoie à Turin se convertir au catholicisme et se faire baptiser. Cette conversion, sur laquelle il reviendra par la suite, est vécue par Rousseau comme un traumatisme, et le portrait des catéchumènes et de leur entourage n’est guère flatteur pour la religion dominante. Après quelques péripéties, il reste au service de Madame de Warens, qui devient sa protectrice et se charge de son instruction, bien négligée jusqu’à ce moment. « Petit » et « Maman », comme ils se nomment affectueusement l’un l’autre, vivent alors des moments idylliques aux Charmettes. Cependant la maladie oblige Rousseau à s’éloigner, et le goût des voyages qui le tient depuis toujours lui fait prolonger l’aventure. À son retour auprès de Madame de Warens, il se rend compte avec la plus grande amertume qu’il a été détrôné dans le cour de son idole. Il quitte alors sa protectrice. Sa passion pour la musique lui fait concevoir un système de notation entièrement nouveau, qui pourtant ne reçoit pas le soutien de l’Académie des sciences. Après un début de carrière diplomatique peu en accord avec son caractère, Rousseau se met en ménage avec Thérèse Levasseur, modeste servante d’auberge, rencontrée en 1745. Les cinq enfants qu’elle lui donne sont confiés aux Enfants-Trouvés, l’Assistance publique de l’époque. L’auteur de l’Emile allèguera plus tard l’impossibilité où il se trouvait alors de les élever correctement, mais cette série d’abandon fournira des armes acérées à ses ennemis, pour qui un bon pédagogue doit être aussi un père exemplaire.
C’est en partie pour répondre aux critiques, notamment de Voltaire que Rousseau composera ses Confessions.
À cette époque, Rousseau se lie aussi au milieu des philosophes et collabore à l’Encyclopédie par des articles consacrés à la musique.

IV) La création (1749-1762), livres VIII à XI des Confessions

1749     Il apporte son soutien à Diderot, emprisonné à la suite de la Lettre sur les aveugles à l’usage de ceux qui voient en 1749. Sur le chemin qui mène à la prison de son ami, se produit « l’illumination de Vincennes », qui va décider de ses ouvres majeures, de l’orientation de sa pensée et de son originalité. C’est à ce moment précis qu’il conçoit en effet l’idée du Discours sur les sciences et les arts, qui lui vaudra le premier prix d’un concours proposé par l’académie de Dijon : « Si le progrès des sciences et des arts a contribué à corrompre ou à épurer les mours. »

Rousseau rencontre Grimm.

1750  Le 9 juillet, l’Académie de Dijon couronne le Discours sur les sciences et les arts, qui sera publié la même année.

1752  Le Devin de village est représenté à Fontainebleau, devant le Roi, avec un grand succès. La Comédie française joue Narcisse ou l’Amant de lui-même, qui sera publié l’année suivante avec une préface dans laquelle Rousseau désavoue sa pièce.

1753  Le Mercure de France publie la question de l’Académie de Dijon sur l’origine de l’inégalité parmi les hommes. Rousseau publie sa Lettre sur la Musique française.

Dans le Discours sur les Origines et les Fondements de l’Inégalité parmi les Hommes (1755) Rousseau démontre que l’inégalité qui régit les rapports humains est le produit de la société. Selon lui, l’homme naît naturellement bon, c’est la société qui le corrompt. De la propriété provient l’inégalité et la mal. Les Confessions, sont en quelque sorte l’illustration de cette théorie, dans la mesure où Rousseau y exprime une certaine rancour contre la société en général. «Ma naissance fut le premier de mes malheurs», écrit-il dés les premières pages. Toute la suite semble tendre à prouver qu’enfant, puis adolescent, épris de vertu il a été perverti par la société. C’est le sens du fameux épisode du peigne brisé qui relate une prise de conscience de l’injustice (en pension chez le pasteur Lambercier, Jean-Jacques est accusé injustement et reçoit en punition, une fessée qu’il n’a pas méritée). C’est le premier apprentissage de l’âge d’homme, de l’imperfection du monde adulte et la fin de l’âge d’or de l’innocence.

On voit ainsi se dessiner dans l’ouvre deux mondes séparés: celui de l’enfance, largement idéalisé par Rousseau, et celui des adultes, dont il dresse le plus noir des tableaux. Rousseau s’incarne sous les traits d’un être à l’innocence déchue.

Il illustre ainsi par un exemple concret (le sien), sa théorie générale sur l’opposition entre la nature (à laquelle se rattache l’enfant qui ne possède que sa bonté naturelle et sa vertu primitive) et la société (le monde des adultes avec ses vices).

1754  Avec Thérèse et Jean-Vincent Gauffecourt, Rousseau se rend à Genève. Dernière rencontre avec Mme de Warens. Il réintègre l’Église de Genève et retrouve ses droits de citoyen.

1755  Publication du Discours sur l’origine de l’Inégalité parmi les hommes. Echange épistolaire entre Voltaire et Rousseau qui paraît dans le Mercure de France.

1756  Installation à l’Ermitage (Montmorency), chez Mme d’Epinay. Rousseau fait parvenir à Voltaire sa Lettre sur la Providence. Il imagine les personnages et le cadre de La Nouvelle Héloïse.

1757  Passion de Rousseau pour Mme d’Houdetot. Disputes avec DiderotGrimm et Mme d’Epinay, qui le prie de quitter l’Ermitage. Rousseau s’installe à Montmorency, au jardin de Montlouis. Il reçoit le tome VII de l’Encyclopédie et décide de répondre à l’article Genève, signé d’Alembert.

1758  Lettre à d’Alembert sur les spectacles. Il achève Julie ou La Nouvelle Héloïse.

1759  Rousseau s’installe au Petit-Château de Montmorency, sur l’invitation du Maréchal de Luxembourg. Il travaille à l’Emile.

1760  Rousseau travaille à l’Emile et au Contrat Social.

1761  Fin janvier, La Nouvelle Héloïse est mise en vente à Paris, c’est un succès considérable.

Une nouvelle conception de l’amour, La Nouvelle Héloïse :

Il est difficile d’imaginer la surprise et le plaisir qu’éprouvèrent les lecteurs de l’époque habitués au style incisif de Voltaire ou à l’humour glacé de Duclos et Crébillon.

Ce copieux roman exalte la passion, la fidélité, l’amour conjugal. Il place ses personnages principalement à la campagne et dans les décors grandioses de la campagne genevoise (Clarens, au bord du lac Léman). Par un jeu de lettres qui se répondent et se recoupent, les événements sont complaisamment décrits. L’auteur n’hésite pas à parler en son nom propre dans les notes et fait parler son éloquence dans de vastes périodes. *

C’est dans ce ton que réside l’originalité, car l’histoire n’est pas nouvelle. Saint-Preux (précepteur) et Julie tombent amoureux. Leur passion est socialement impossible : Julie épouse un noble polonais, M de Wolmar qui n’hésitera pas, quelques années plus tard à inviter Saint-Preux, en toute connaissance de cause, assuré de leur vertu.

1762  Publication du Contrat Social et de l’Emile qui  est condamné par le Parlement de Paris à être lacéré et brûlé. Rousseau, décrété de prise de corps le 9 juin, s’enfuit vers la Suisse et arrive à Yverdon le 14. L’Emile et le Contrat Social sont brûlés à Genève. Rousseau s’installe à Môtiers le 10 juillet, Thérèse le rejoint le 20. Publication du Mandement de l’archevêque de Paris, Christophe de Beaumont, condamnant l’Emile en raison des positions religieuses énoncées dans la Profession de foi du Vicaire savoyard(chap IV)

Une nouvelle conception de la société, Du contrat social :

Ce traité philosophique, considéré comme un des ouvrages les plus nettement prérévolutionnaires, pose les fondements d’un État juste. Ceux-ci s’organisent autour d’un principe clé, le contrat social, qui garantit à chaque individu la sécurité tout en lui permettant de conserver sa liberté . Contracté délibérément par la communauté, le contrat ne peut pas apparaître comme une oppression. Le peuple est seul souverain et il appartient au législateur de traduire la volonté générale en proposant des lois, comme il appartient au gouvernement d’en assurer l’exécution. Dans la France de l’Ancien Régime, Rousseau rejette donc toute autorité reposant sur les privilèges et donne sa préférence à la démocratie.

Une nouvelle conception de l’enfant, L’Emile, 1762 :

L’enfant était jusque-là considéré comme un adulte en miniature et se révélait imparfait donc décevant. Certes, Rousseau s’est largement inspiré d’écrits de médecins comme Des Essartz ou De la Condamine, mais il a su les dépasser en les intégrant dans une pédagogie d’ensemble.

Selon lui, l’enfant n’est pas accessible à la raison mais à son intérêt immédiat. Il n’y a donc pas de manque dans sa personnalité, c’est simplement un temps de la vie qui comporte sa propre cohérence.

Deux de ses idées heurtent les conceptions admises au XVIIIème : d’une part la nécessité de connaître psychologiquement l’enfant pour lui adapter une pédagogie, d’autre part, une pédagogie fondé sur son développement progressif. L’esprit se développe comme le corps de façon irrégulière, par mutations brusques. Rousseau indique cinq étapes : « l’âge de nature » (le nourrisson),  « la suite de l’âge de nature »(de 2 à 12 ans), « l’âge de force » (12 à 15 ans), « l’âge de raison et de passion » (15 à 20 ans), « l’âge de sagesse et de mariage » (20 à 25 ans). A chacune de ces étapes doit correspondre un enseignement adapté.

Son but est de « former un homme libre, capable de se défendre contre les contraintes ». Il préconise un enseignement systématique du Français, des sciences et des techniques » nécessaire dans un monde en mutation. L’enseignement des jésuite favorisait l’art oratoire et la soumission à l’autorité -il était d’ailleurs parfaitement adapté à une société d’ordres d’ancien régime. Notons toutefois que les filles « bénéficient » d’un enseignement à part, centré sur leur futur rôle de mère et de maîtresse de maison.

Rousseau musicien

Musicien, chanteur et compositeur, Rousseau s’essaie à plusieurs genres. Il entreprend un nouveau système de notation musicale. L’Académie lui prodigue des compliments, mais elle juge que le projet n’est ni assez neuf, ni utile. Les musiciens lui reproche notamment l’insuffisance d’écart sur la portée des nombres et des figures géométriques qui composent son nouvel alphabet musical : on ne peut plus lire un morceau d’un seul coup d’oil. Il compose un opéra ballet Les Muses galantes, puis un opéra Le Devin du Village qui est joué avec succès devant le Roi en 1752. Agé de 9 ans, Mozart assiste à une représentation en 1765 : impressionné, il composera deux ans plus tard Bastien et Bastienne inspiré de l’oeuvre de Rousseau. Il publie en 1753 la Lettre sur la musique française largement inspirée de son passage à Venise. Le ton est sans appel : Les Français n’ont point de musique et les connaisseurs et intellectuels de talent prônent la musique italienne. Cette affaire l’oppose à Rameau. Les articles sur la musique qu’il écrit pour l’Encyclopédie sont le point de départ de son Dictionnaire de musique (1753 à 1764).

Rousseau compose ses ouvres majeures pendant cette période. Il a été à la fois philosophe, musicien, écrivain. En 1761, son roman, La Nouvelle Héloïseremporte un grand succès auprès du public, mais reçoit la condamnation des autorités genevoises. Le Contrat Social et l’Emile sont eux interdits par le Parlement de Paris en 1762. Menacé, Rousseau doit fuir et se réfugie à Môtiers.  Rousseau est de plus en plus seul et contesté, même Diderot l’abandonne.

V) Les années de solitude (1762-1778).

1762 : publication de La profession de foi du Vicaire savoyard

Rousseau et le sentiment religieux :

Contrairement à la plupart de ses contemporains et amis philosophes, Rousseau croit en l’existence d’un « être suprême » qui lui est garantie par « l’ordre sensible de l’univers », et confirmé par son « sentiment intérieur ». Mais devant son incapacité à saisir « l’essence infinie de Dieu », il se résigne au silence et à l’admiration.

Devant le nombre de religions révélées, il incite à garder la sienne et à se montrer tolérant envers les autres.

1763  En mars, publication de la Lettre à Christophe de Beaumont. Rousseau reçoit la naturalité neuchâteloise et abdique à perpétuité son droit de bourgeoisie à Genève. Le procureur général Tronchin publie les Lettres écrites de la Campagne. Rousseau décide de lui répondre.

1764  Composition du début de la première version des Confessions. Publication des Lettres écrites de la Montagne. Buttafoco demande à Rousseau un projet de constitution pour la Corse. Voltaire publie un pamphlet anonyme contre Rousseau : Le Sentiment des citoyens.

1765  Les Lettres écrites de la Montagne sont brûlées en Hollande et à Paris. Dans la nuit du 6 au 7 septembre, les gens de Môtiers lancent des pierres contre ses fenêtres. Rousseau se réfugie à l’île de Saint-Pierre, sur le lac de Bienne. Nouvelle expulsion. (carte des voyages de Rousseau, ci-dessus  à gauche)

1766  Départ pour l’Angleterre à l’invitation du philosophe David Hume. Rousseau et Thérèse s’installent à Chiswick, puis à Wootton. Rupture avec Hume. Rousseau travaille à la première partie des Confessions.

1767  Retour en France. Séjour à Trye-Château chez le prince de Conti, sous le pseudonyme de Renou. Publication du Dictionnaire de Musique.

1768  Voyage à Lyon, Grenoble, Chambéry, Bourgoin où Thérèse le rejoint. Ils se marient.

1769  Rousseau et Thérèse s’installent dans une ferme à Monquin. Rédaction de la seconde partie des Confessions.

Les Confessions : la quête du bonheur et la faute

L’autobiographie entière de Rousseau est le récit d’une suite d’exils et de retours d’exils. Après Bossey, après Annecy : les Charmettes. Après les Charmettes, l’Ermitage, Montmorency, l’Ile de Saint Pierre. Tout s’ordonne sur la quête du bonheur ou plutôt son avènement : Rousseau veut « ressaisir sa vie par ses commencements » comme le personnage des Solitaires (suite de l’Emile) qui  affirme que « le grand remède aux misères de la vie est de se mettre dans l’état d’un homme qui commence  vivre. ».

Mais de partout où il est chassé, ses espoirs de bonheur sont frustrés : l’image d’un complot universel assombrit sa vie dès le livre VIII. C’est qu’il est amené à rendre compte de fautes -ses enfants livrés à l’assistance publique, sa passion pour Sophie d’Houdetot, le vol d’un ruban et la calomnie contre Marion. Cependant, il  refuse de plaider coupable. Il reste certain d’être foncièrement innocent ; dés lors, c’est le monde qui est coupable. Le jour où Rousseau est réellement persécuté, le réel rejoint l’imaginaire : le monde est devenu méchant, il est un martyr innocent.

1770  Retour de Rousseau à Paris. Il s’installe rue Plâtrière. Lectures publiques des Confessions.

1771  Interdiction de toute lecture publique des Confessions. Rousseau travaille aux Considérations sur le Gouvernement de Pologne.

Herbier de Rousseau, Musée de Montmorency

1771-73 Lettres sur la Botanique à Madame Delessert.

   C‘ est à l’âge de 50 ans, suite au décret de prise de corps qui l’oblige à fuir Montmorency, que Rousseau s’initie à la botanique. Dans la « destinée malheureuse » qui caractérise désormais son existence, la botanique se substitue à une activité d’écriture comme une nécessité intellectuelle et affective.
Dans ses promenades botaniques, il s’inscrit dans l’ordre de la nature, en harmonie avec elle, ébloui et passionné par ses mécanismes précieux et complexes. Les ouvrages érudits qu’il utilise lui paraissent un obstacle à une pratique de la botanique ouverte à toutes les âmes sensibles ; c’est ainsi qu’il entend partager avec elles sa contemplation raisonnée de la Nature. L’herbier confectionné à l’attention de Catherine Delessert, les lettres sur la botanique qui l’accompagnent, traduisent ce désir profond du philosophe autodidacte de faire partager ses connaissances.

Dans sa vaste correspondance avec son amie botaniste amateur au sujet de l’éducation de sa fille Madelon, Rousseau se dit « persuadé qu’à tout âge, l’étude de la nature émousse le goût des amusements frivoles, prévient le tumulte des passions, et porte à l’âme une nourriture qui lui profite en la remplissant du plus digne objet de ses contemplations.» (Première Lettre sur la botanique). C’est pour illustrer son propos et se «faire entendre sans équivoque » que le philosophe botaniste constitue ce riche herbier.

1774-76 Composition de Daphnis et Chloé.

1776  Rousseau essaie en vain de déposer sur l’autel de Notre-Dame le manuscrit des Dialogues. Il rédige la Première et la Seconde promenades des Rêveries du Promeneur solitaire.

1777  Il écrit cinq nouvelles promenades.

1778  8e, 9e et 10e promenades. Rousseau remet à Paul Moultou le manuscrit des Confessions et des Dialogues. Il accepte l’hospitalité du marquis de Girardin à Ermenonville. Le 2 juillet, il meurt à onze heures du matin. Rousseau est inhumé dans l’île des Peupliers.  (ci-contre è)

1782

Publication des Confessions et des Rêveries du promeneur solitaire.

Rêveries préromantiques

Dans les Rêveries du promeneur solitaire Rousseau passe de l’action à la contemplation et retrouve, après la chute dans une société dont il a tant souffert, la paix de la première enfance, ce paradis perdu, ce premier jardin,  dans des rêveries. Au cours de ses promenades, il jouit du sentiment de l’existence et d’un bonheur « suffisant, parfait et plein ». Il se livre à un examen de conscience où il reconnaît ses faiblesses, ses erreurs, sa tendance au mensonge tout en restant convaincu de la pureté de ses intentions.

Il se réfugie dans ses souvenirs heureux et veut jouir de son être selon « ce que la nature a voulu ». Isolé des hommes, le promeneur solitaire cherche aussi à fixer le bonheur de l’instant présent au sein d’une nature harmonieuse. La rêverie procure ce « ravissement inexprimable »  permettant de « s’identifier avec la nature entière ».

………….« L’âme trouve une assiette assez solide pour s’y reposer tout entière et rassembler là tout son être, sans avoir besoin de rappeler le passé ni d’enjamber sur l’avenir; où le temps ne soit rien pour elle, où le présent dure toujours… De quoi jouit-on dans une pareille situation… de soi-même et de sa propre existence; Tant que cet état dure, on se suffit à soi-même, comme Dieu. » (Rêverie, 5ème promenade)

On trouve chez Rousseau la plupart des thèmes qui seront chers aux romantiques.

Le sentiment de la nature considérée dans ses rapports avec l’âme humaine, elle est pour l’artiste « comme une tendre amie » et le cadre privilégié des émotions humaines qu’elle contribue à souligner ou suggérer.

Le mystère de la nature aide l’âme à se rapprocher de dieu. On trouve déjà chez Rousseau ces élans et ces extases qui préludent aux élévations romantiques.

Le délire de Rousseau, « ivre d’amour sans objets » au moment où il rédige la Nouvelle Héloïse, c’est déjà le « vague des passions » de René, la fatalité, la prédestination des amants, les tourments de la séparation, la recherche de l’oubli dans les voyages et même l’idée du suicide.

1794  La Convention fait transférer les restes de Jean-Jacques Rousseau au Panthéon à Paris.

1801  Mort de sa femme Thérèse dans l’oubli. Elle est enterrée au cimetière du Plessis-Belleville (F).

Les dernières années sont marquées par la solitude et l’isolement. Rousseau se sent persécuté, par le « complot » qu’il croit être fomenté contre lui à l’instigation de Grimm, Voltaire et d’Holbach. Il faut dire, pour justifier au moins en partie cette paranoïa, que les attaques contre lui se multiplient de tous côtés avec une violence déconcertante. Par exemple, ses concitoyens, auprès desquels il pensait trouver refuge, brûlent publiquement ses livres. En 1764, un violent pamphlet de Voltaire,  » le sentiment des citoyens », attise contre lui la vindicte populaire, et sa maison de Môtiers est lapidée. Cette époque est celle de l’autobiographie : Les Confessions (commencées en 66), les Dialogues (1772-75, justification agressive), et enfin les Rêveries du promeneur solitaire (commencées en 76). Seul et malade, revenu à Paris, Rousseau entreprend de se raconter et de se justifier. Il trouve quelque consolation dans la rêverie et dans l’herborisation. Il meurt le 2 juillet 1778, laissant sa dernière ouvre inachevée.

Son ouvre :

    • Le verger de Mme de Warens 1739
    • Dissertation sur la musique moderne 1743
    • Les Muses galantes (opéra) 1743
    • Avec Voltaire, les Fêtes de Ramire (opéra) 1744
    • Discours à l’Académie de Dijon sur cette question : Si le rétablissement des sciences et des arts a contribué à épurer les mours 1750
    • Le devin du Village(opéra), 1752
    • Narcisse ou l’Amant de lui-même 1753
    • Lettre sur la musique française 1753
    • Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes 1755
    • Lettre à Voltaire sur la Providence 1756
    • Allégorie sur la Révélation (inach.) 1756
    • Lettre à Sophie (Mme d’Houdetot) 1757
    • Lettre à d’Alembert sur les spectacles 1758
    • Julie ou la nouvelle Héloïse 1761
    • Du contrat social ou Principes du droit Politique 1762
    • Emile ou de l’éducation 1762
    •  » La Profession de foi du vicaire savoyard  » (livre IV de l’Emile, écrit en 1758), 1762
    • Lettre à Christophe de Beaumont, archevêque de Paris 1763
    • Lettres écrites à la montagne 1764
    • De l’imitation théâtrale 1764
    • Projet de constitution pour la Corse 1765
    • Dictionnaire de Musique 1767
    • Lettres de son exil du Canton de Berne 1770
    • Pygmalion (opéra), 1770
    • Considérations sur le gouvernement de Pologne et sur sa réformation projetée 1771-1772
    • Emilie et Sophie (posth.) 1780
    • Consolations des misères de ma vie, (posth.) 1781
    • Les Confessions de Jean-Jacques Rousseau contenant le détail des événements de sa vie et de ses sentiments secrets dans toutes les situations où il s’est trouvé (6 livres), (posth.), 1781
    • Rêveries du promeneur solitaire, (posth.) 1782
    • Six autres livres des Confessions (posth.), 1788
    • Trois dialogues (Rousseau juge de Jean-Jacques), (posth.) 1789

Sources :

Perrin (J.-F.) Les Confessions de Jean-Jacques Rousseau, Paris, 1997 ainsi que l’Edition de la Pléïade.

Dictionnaire de la littérature française, édition Hachette.

Encyclopédies Larousse et Hachette.

Lagarde et Michard du XVIIIème siècle

Histoire littéraire de la France aux Editions Sociales.

L’autobiographie en France de Philippe Lejeune (Colin – U2 – 1971) : un ouvrage de référence pour l’étude de l’autobiographie

http://www.lettres.org/confessions/preambule_com.htm

http://Rousseau.unige.ch****** http://www.alalettre.com************* http://multimania.com/jccau

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s