Rousseau à Montmorency

Rousseau à Montmorency 

Décembre 1757 – juin 1762

– 15 décembre 1757, Montmorency, R. s’installe dans une maison appartenant à Jacques-Joseph Mathas, dans son jardin du Mont-Louis (CC 591; OC I, p. 487). Cette maison constitue, avec la voisine «Maison des Commères» (voir OC I, p. 570), le Musée jean-Jacques Rousseau  (4, rue du Mont-Louis).

Maison du Mont-Louis Maison du Mont-Louis Maison du Mont-Louis

 

Maison des Commères Maison des Commères Maison des Commères

Enfin je suis libre; je puis reprendre le caractère de franchise et d’indépendance que m’a donné la nature (CC 592).

Quoique l’air y soit excellent, les eaux y sont mauvaises, et cela peut très bien être une des causes qui contribuoient à empirer mes maux habituels (OC I, p. 594).

– A partir du 15 décembre 1757, Montmorency, R. travaille dans le donjon (OC I, p. 495, 526-527 et 570).

Montmorency Montmorency Montmorency

Pendant un hiver assez rude, au mois de Février, et dans l’état que j’ai décrit ci-devant, j’allois tous les jours passer deux heures le matin, et autant l’après-dinée dans un Donjon tout ouvert que j’avois au bout du jardin où étoit mon habitation. Ce Donjon, qui terminoit une allée en terrasse, donnoit sur la vallée et l’étang de Montmorenci, et m’offroit, pour terme de point de vue le simple mais respectable Château de St. Gratien, retraite du vertueux Catinat. Ce fut dans ce lieu, pour lors glacé, que, sans abri contre le vent et la neige, et sans autre feu que celui de mon cœur, je composai dans l’espace de trois semaines ma Lettre à d’Alembert sur les Spectacles. C’est ici, car la Julie n’étoit pas à moitié faite, le prémier de mes ecrits, où j’aye trouvé des charmes dans le travail (OC I, p. 495).

J’avois fait de ce Donjon mon cabinet de travail, en sorte que j’y avois une table couverte d’épreuves et de feuilles de l’Emile et du Contrat Social, et brochant ces feuilles à mesure qu’on me les envoyoit j’avois là tous mes volumes longtems avant qu’on les publiât (OC I, p. 570).

– 29 octobre 1758, dîner à la Chevrette (OC I, p. 500-501).
– 1er novembre 1758, R. est à Clichy (CC 730).
– Avril 1759, Montmorency, à la suite de la visite du Maréchal de Luxembourg, R. se rend à son château (OC 518).

Mais on voit à Montmorency ou Anguien une maison particuliére bâtie par Croisat dit le pauvre laquelle ayant la magnificence des plus superbes châteaux en mérite et en porte le nom. L’aspect imposant de ce bel édifice, la terrasse sur laquelle il est bâti, sa vue, unique peut-être au monde, son vaste salon peint d’une excellente main, son jardin planté par le célébre Le Nôtre; tout cela forme un tout dont la majesté frapante a pourtant je ne sais quoi de simple, qui soutient et nourrit l’admiration (OC I, p. 517).

– Avril 1759, Montmorency, sa maison menaçant ruine, R. s’installe provisoirement chez un paysan (CC 805 et 806).
– 6 mai 1759, Montmorency, en attendant la fin des travaux de sa maison, R. s’installe au Petit-Château qui se trouvait à peu près à l’avenue du Lac, près de l’Orangerie (CC 808 et 809; OC I, p. 520-521).

Montmorency Montmorency

Le parc ou jardin de Montmorenci n’est pas en plaine, comme celui de la Chevrette. Il est inégal, montueux, mêlé de collines et d’enfoncemens, dont l’habile artiste a tiré parti pour varier les bosquets, les ornemens, les eaux, les points de vue, et multiplier pour ainsi dire, à force d’art et de génie un espace en lui-même assez resserré. Ce Parc est couronné dans le haut par la terrasse et le château; dans le bas il forme une gorge qui s’ouvre et s’élargit vers la vallée et dont l’angle est rempli par une grande piéce d’eau. Entre l’orangerie qui occupe cet élargissement et cette piéce d’eau entourée de coteaux bien décorés de bosquets et d’arbres est le petit Château dont j’ai parlé. Cet édifice et le terrain qui l’entoure appartenoit jadis au célébre Le Brun, qui se plut à le bâtir et le décorer avec ce gout exquis d’ornemens et d’architecture dont ce grand Peintre s’étoit nourri. Ce château depuis lors a été rebâti, mais toujours sur le dessin du prémier maitre. Il est petit, simple, mais elegant. Comme il est dans un fond entre le bassin de l’orangerie, et la grande piéce d’eau, par consequent sujet à l’humidité, on l’a percé dans son milieu d’un perystile à jour entre deux étages de colonnes, par lequel l’air jouant dans tout l’édifice le maintient sec malgré sa situation. Quand on regarde ce bâtiment de la hauteur opposée qui lui fait perspective, il paroit absolument environné d’eau, et l’on croit voir une Ile enchantée ou la plus jolie des trois Isles Borromées appellée Isola bella dans le lac majeur.
Ce fut dans cet édifice solitaire qu’on me donna le choix d’un des quatre appartemens complets qu’il contient, outre le rez-de-Chaussée composé d’une salle de bal, d’une salle de billard et d’une cuisine. Je pris le plus petit et le plus simple au-dessus de la cuisine, que j’eus aussi. Il étoit d’une propreté charmante, l’ameublement en étoit blanc et bleu. C’est dans cette profonde et délicieuse solitude qu’au milieu des bois et des eaux, aux concerts des oiseaux de toute espéce, au parfum de la fleur d’orange je composai dans une continuelle extase le cinquiéme livre de l’Emile dont je dus en grande partie le coloris assez frais à la vive impression du local où je l’écrivois.
Avec quel empressement je courois tous les matins au lever du soleil respirer un air embaumé sur le peristyle! quel bon caffé au lait j’y prenois tête-à-tête avec ma Therese! ma chatte et mon chien nous faisoient compagnie. Ce seul cortége m’eut suffi pour toute ma vie, sans éprouver jamais un moment d’ennui. J’étois là dans le Paradis terrestre; j’y vivois avec autant d’innocence, et j’y goûtois le même bonheur
 (OC I, p. 520-521).

– 20 juin 1759, R. dîne à Clichy (CC 834).
– Juillet 1759, Montmorency, R. fréquente le château du Maréchal. Il lit La Nouvelle Héloïse à la duchesse de Luxembourg (OC I, p. 522 sq.).
– Fin juillet 1759, Montmorency, R. regagne la maison du Mont-Louis (CC 839; OC I, p. 526). Il change la disposition des salles et transforme le jardin (OC I, p. 526-527).

Montmorency Montmorency

Mon hôte, M. Mathas, qui étoit le meilleur homme du monde, m’avoit absolument laissé la direction des réparations de Mont Louis, et voulut que je disposasse de ses ouvriers sans même qu’il s’en mêlât. Je trouvai donc le moyen de me faire d’une seule chambre au prémier un appartement complet, composé d’une chambre, d’une antichambre et d’une garderobbe. Au rez-de-chaussée étoient la cuisine et la chambre de Therese. Le Donjon me servoit de cabinet, au moyen d’une bonne cloison vitrée et d’une cheminée qu’on y fit faire. Je m’amusai quand j’y fus à orner la terrasse qu’ombrageoient déja deux rangs de jeunes tilleuls, j’y en fis ajoûter deux pour faire un cabinet de verdure; j’y fis poser une table et des bancs de pierre; je l’entourai de lilas, de seringa, de chèvrefeuille, j’y fis faire une belle platebande de fleurs parallele aux deux rangs d’arbres; et cette terrasse, plus elevée que celle du Château, dont la vue étoit du moins aussi belle, et sur laquelle j’avois apprivoisé des multitudes d’oiseaux, me servoit de salle de compagnie pour recevoir M. et Made de Luxembourg, M. le Duc de Villeroy, M. le Prince de Tingry, M. le Marquis d’Armentiéres, Made la Duchesse de Montmorenci, Made la Duchesse de Boufflers, Made la Comtesse de Valentinois, Made la Comtesse de Boufflers, et d’autres personnes de ce rang qui du château ne dédaignoient pas de faire, par une montée très fatigante le pèlerinage de Mont Louis (OC I, p. 526-527).

– Après juillet 1759, Montmorency, R. garde la clef du Petit-Château et y retourne quelquefois (CC A258; OC I, p. 526).
– 7 octobre 1759, R. est à Clichy (CC 867).
– 28 mai-1er juin 1760, R. séjourne à Paris, chez les Luxembourg au Temple, qui se trouvait au square du Temple (CC 1004; OC I, p. 528).

Temple Temple Temple

Outre ces deux logemens, j’en eus bientot un troisiéme à l’Hôtel de Luxembourg, dont les maitres me presserent si fort d’aller les y voir quelquefois, que j’y consentis malgré mon aversion pour Paris, où je n’avois été depuis ma retraite à l’Hermitage, que les deux seules fois dont j’ai parlé. Encore n’y allois-je que les jours convenus, uniquement pour souper, et m’en retourner le lendemain matin. J’entrois et sortois par le jardin qui donnoit sur le boulevard, de sorte que je pouvois dire, avec la plus exacte vérité que je n’avois pas mis le pied sur le pavé de Paris (OC I, p. 528).

– 27-28 juin 1760, Paris, séjour chez les Luxembourg (CC 1024).
– 3-9 juillet 1760, Paris, R. est chez les Luxembourg.
– 29 août 1760, dîner à Clichy (CC 1094).
– 28 mars 1761, R. dîne à Saint-Denis avec Mme de Boufflers et Lorenzy à l’auberge des Trois Pavillons (CC 1375, 1376 et 1377).
– 24 septembre 1761, Paris, R. est chez les Luxembourg.
– 8 juin 1762, Montmorency, R. se promène aux Champeaux, lieu-dit occupé actuellement par le fort de Montmorency (OC I, p. 579 et 1558).

Montmorency Montmorency Montmorency

– 9 juin 1762, Montmorency, à la suite de la visite de La Roche de 2 heures du matin, R. se rend au château. Pour éviter la prise de corps, il quitte le lieu vers 16 heures par la porte qui se trouve à la rue de Saint-Denis. Il prend la chaise et croise les quatre huissiers entre Deuil-la-Barre et Montmorency (OC I, p. 579 sq.).

Montmorency Montmorency Montmorency

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