L’Ermitage à Montmorency


L’Ermitage, que Madame d’Epinay offrit à Rousseau en 1756, n’existe plus. Il se trouvait 10 rue de l’Ermitage et fut malheureusement détruit.La maison de santé « l’Ermitage » occupe maintenant son emplacement.

Dessin à la plume et lavis à l’encre brune de Constant Bourgeois (1767-1841). © Bibliothèque nationale de France / Gallica

Cela ferait sourire Jean-Jacques, qui confiait à Madame d’Épinay : «  »Ce lieu solitaire et très agréable m’avait frappé, quand je le vis pour la première fois, avant mon voyage de Genève. Il m’était échappé de dire dans mon transport : « Ah! madame, quelle habitation délicieuse!. Voici un asile fait pour moi. »… Mais on peut marcher dans la magnifique châtaigneraie située de l’autre côté de la route, en haut de la rue de l’Ermitage, et imaginer le lieu tel que Rousseau l’a connu.

« Mme d’Epinay ne releva pas beaucoup mon discours; mais à ce second voyage je fus tout surpris de trouver, au lieu de la vieille masure, une petite maison presque entièrement neuve, fort bien distribuée, et très logeable pour un petit ménage de trois personnes. Mme d’Epinay avait fait faire cet ouvrage en silence et à peu de frais, en détachant quelques matériaux et quelques ouvriers de ceux du château. Au second voyage, elle me dit en voyant ma surprise: « Mon ours, voilà votre asile ; c’est vous qui l’avez choisi, c’est l’amitié qui vous l’offre; j’espère qu’elle vous ôtera la cruelle idée de vous éloigner de moi. »

Rousseau habite cette belle maison – à l’époque perdue dans la nature – entre le 9 avril 1756 et le 13 décembre 1757, en compagnie de Thérèse Levasseur et de la mère de celle-ci.
Ils arrivent de Paris, où, depuis fin 1749, ils habitaient l’hôtel du Languedoc, rue de Grenelle-Saint-Honoré, Rousseau étant alors secrétaire d’ambassade.

À l’Ermitage, il commence à écrire La Nouvelle Héloïse, avant de se brouiller avec Madame d’Épinay. Les sentiments qu’il éprouve pour la comtesse d’Houdetot, la belle-soeur de celle-ci qu’il a rencontrée dans le parc de Montmorency, nourrissent en effet son inspiration poétique… ainsi que les railleries et jalousies de son entourage.

Espérant trouver une vie plus calme et retirée, il accepte la proposition du procureur fiscal de Montmorency et habite ensuite Mont-Louis, entre le 15 décembre 1757 et le 9 juin 1762. C’est une des plus longues stations de sa vie de voyageur, et peut-être la plus heureuse.

On confond souvent l’Ermitage et le Mont-Louis. Des deux, c’est au Mont-Louis qu’il va résider le plus longtemps, mais les amateurs de Rousseau sont plus attachés à l’Ermitage.

Durant la deuxième moitié du XIXe siècle, l’Ermitage subit de profondes transformations : en 1861, la partie la plus ancienne est détruite. Au milieu du siècle suivant, le domaine devient une clinique psychiatrique et la maison modernisée est transformée en loge d’entrée.

Un permis de démolition concernant l’accueil de la maison de santé, un bâtiment utilitaire situé à l’endroit où se trouverait la maison du philosophe.

Le propriétaire, Orpea-Clinea, spécialisé dans l’hébergement des personnes dépendantes, souhaite s’agrandir ; une maison de retraite est prévue et la future entrée pourrait se trouver sur l’emplacement de l’accueil.

 

Il n’en reste pas moins que le parc boisé constitue un actif patrimonial majeur, dont l’aliénation / la destruction voire seulement l’atteinte porterait un préjudice majeur. 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s