Enfin on se retrouve au MUCEM !

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Les jeunes Amis du Mucem de Marseille « QUAI 201 » ont eu  le projet de publier sur leurs réseaux sociaux des nouvelles des Amis des Musées, un Dimanche sur deux, avec le #DimancheentreAmis, occasion de faire découvrir à leurs adhérents les associations d’Amis de musées en France et pour certaines d’entre elles leur section Jeunes Amis.

La SIAM JJR a adhéré à ce projet, et une page a été amicalement publiée,

en voici le lien 

 

Merci à QUAI 201 et félicitations pour cette ouverture en direct :

2 juillet 1778 : Jean-Jacques Rousseau meurt à Ermenonville

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A gauche, Jean Jacques Rousseau (1712-1778) philosophe et écrivain francophone. À droite, vue sur le Panthéon à Paris où il est entré en 1794.

Jean-Jacques Rousseau naquit à Genève, le 28 juin 1712. Sa mère mourut peu après lui avoir donné le jour et lui-même eut une enfance chétive ; il ne fut sauvé que grâce au dévouement de sa tante, tante Suzon, qui arriva, à force de soins, à lui conserver la vie. Son père, Isaac Rousseau, était horloger, mais son caractère fantasque, aventureux, semble s’accorder assez mal avec cette paisible profession. Il avait commencé par faire une fugue à Constantinople, où il avait passé six ans comme horloger du sérail, puis il était revenu tout de même à Genève.

Il sembla alors vouloir se consacrer à l’éducation de ses deux fils, mais cette éducation fut plutôt fantaisiste ; elle consistait à lire pendant des nuits entières, en compagnie de Jean-Jacques, alors âgé de dix ans, les livres que la maman avait laissés, en mourant, dans la bibliothèque. Quels étaient ces livres qui durent avoir sur la jeune imagination de Jean-Jacques une si profonde influence ? C’étaient les romans de chevalerie, l’Astrée, les fadaises de Scudéry, mais aussi Plutarque, Fontenelle et Molière.

Jean-Jacques Rousseau quitte Genève en 1728. Lithographie de Jules Courvoisier (1884-1936),
éditée pour le bicentenaire de la naissance de Rousseau en 1912

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Un voyage dans la maison de Jean Jacques à Montmorency

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Nichée sur les hauteurs de Montmorency, la maison de Jean-Jacques Rousseau est devenue un musée à la mémoire du philosophe. C’est ici que l’érudit a vécu de 1757 à 1762. Mieux, c’est là qu’il a écrit « La Nouvelle Héloïse », « L’Emile » et le « Contrat social » qui font encore aujourd’hui référence.

D’importants travaux ont été réalisés dans cette bâtisse d’un étage, avant sa réouverture en juin dernier. Notamment, une fenêtre a été ouverte dans la salle principale où sont exposés ses manuscrits, permettant de jeter un Å?il dans la chambre du philosophe.

Une bibliothèque d’étude rousseauiste ouverte à tous

Le cadre de vie de l’écrivain est restitué grâce à des documents et des témoignages manuscrits d’époque. La ville a aussi fait l’acquisition de l’herbier original de Jean-Jacques Rousseau (réglé 300000 â?¬) en 2001. Il peut désormais être visible des visiteurs, grâce à des reproductions qui ont été faites des principales planches. En 2007, c’est le quatrième et dernier portrait de Jean-Jacques Rousseau, réalisé au pastel par Maurice Quentin de la Tour en 1763 qui a été acheté, lors d’une vente d’oeuvres d’art aux enchères à Londres. Le tableau trône au-dessus de la cheminée, dans la chambre de Jean-Jacques Rousseau.

Le jardin présente le cabinet de verdure et le « Donjon », lieu de travail de Rousseau. Voici deux ans, le mur bordant l’allée conduisant de la maison au donjon a été reconstruit à l’identique. Autre intérêt de la visite, la « maison des Commères » qui jouxte le musée. Elle abrite une bibliothèque d’étude rousseauiste ouverte à tous, de plusieurs milliers d’ouvrages.

Musée Jean-Jacques Rousseau, 4, rue du Mont-Louis, à Montmorency. Ouvert du mardi au dimanche, de 14 heures à 18 heures. Entrée : 2,50 et 5 â?¬ (gratuit pour les moins de 18 ans).

Le musée Jean-Jacques Rousseau à l’honneur dans un reportage de VOnews VOtv sur les collections permanentes ; et bientôt, l’exposition temporaire « Ermenonville, domaine des rêveurs et des poètes », du 1er juin au 6 octobre 2019.

cliquez ici 

 

Rousseau et Diderot, meilleurs ennemis

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En 1742, deux jeunes intellectuels se rencontrent, admirant tous deux l’Antiquité et partageant la même idée très élevée de la vertu : Rousseau et Diderot. Mais leur vision de la philosophie s’oppose en tout point.

Comment leur conception de l’amitié fut-elle mise alors à l’épreuve ?

 

Par l’intermédiaire d’un ami commun, Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) et Denis Diderot (1713-1784) se rencontrent en 1742. Ils ont une trentaine d’années, sont tous deux très cultivés et partagent des valeurs communes.
Mais leur caractères sont très différents et sont à l’origine d’un malentendu entre eux… Leurs attentes ne sont pas les mêmes et leur conception de la philosophie, de la réalité, divergent.
Quant Rousseau emploie le terme de « philosophe » de façon péjorative, et le critique, Diderot revendique cette appellation et il est même considéré comme LE philosophe par excellence.
Comment ces conceptions ont-elles évolué au fil de leur vie et les ont finalement séparés ?

L’invité du jour :

Franck Salaün, professeur de littérature française du XVIIIème siècle à l’Université de Montpellier

Les opposés s’attirent

Cette différence de caractères entre Rousseau et Diderot explique en partie leur attirance mutuelle. Rousseau semble introverti, timide, mal à l’aise en société… Diderot donne l’impression de vivre en dehors de lui-même, il est entièrement dans l’échange. Cela alimente un malentendu : Rousseau n’a pas les mêmes attentes à l’égard de son ami que Diderot. Diderot va entrer dans le groupe des philosophes, ceux qui vont changer les choses, il a l’esprit collectif quand Rousseau a déjà le sentiment qu’il a une œuvre à écrire, que sa vie est un enjeu, que sa vie est une œuvre…
Franck Salaün

Rousseau et la critique des philosophes

Assez rapidement, Rousseau emploie les termes « philosophe » et « philosophie » de façon péjorative, pour lui, le terme sert souvent à désigner les philosophes modernes, c’est-à-dire justement ceux de « L’Encyclopédie »… Le chef de file de ces philosophes étant Diderot, Rousseau aurait dû beaucoup plus tôt se fâcher avec lui. C’est ce qui est curieux ! Mais on a l’impression qu’il lui pardonne alors qu’est en train de croître dans l’écriture de Rousseau ce rejet des philosophes…
Franck Salaün

Rousseau et Diderot, attraction et répulsion

Diderot va de plus en plus affirmer un monisme, une conception matérialiste de l’univers, tandis que Rousseau après diverses hésitations, va oser confesser Dieu chez les philosophes et réaffirmer le dualisme, sa croyance en l’âme.
Ils sont attirés l’un par l’autre, attirés par ce qui brûle… Rousseau n’est pas fait pour s’entendre avec Diderot, il ne pourra que souffrir de la fréquentation de Diderot qui est beaucoup plus à l’aise dans l’échange et la vie sociale. Inversement, Diderot aurait pu deviner qu’il n’aurait que des difficultés avec Rousseau car ce dernier est égocentrique, il ne comprend pas l’intérêt de « L’Encyclopédie », il ne comprend pas qu’on puisse se consacrer ainsi à un ouvrage collectif… Alors que Diderot est en train de mettre en place cet important projet, Rousseau lui écrit : « occupez-vous de moi ! ».
Franck Salaün

Sons diffusés :

  • Chanson du film animé Rox et Rouky de Walt Disney, 1981
  • Chanson de Joe Cocker, With A Little Help From My Friends

Textes lus par Thibault de Montalembert :

  • Deux extraits de Jean-Jacques Rousseau, Correspondance générale, éditions Classiques Reprint, 2012

Textes lus par Vincent Schmitt :

  • Extrait de Diderot, Correspondance, Tome V de l’édition des Oeuvres de Diderot, éditions Robert Laffont, 1997
  • Extrait de Essai sur les règnes de Claude et de Néron, de Denis Diderot, dans Diderot, Oeuvres philosophiques, éditions Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 2010

https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=44b4573b-a38f-49ee-955c-0fa284979692

La notion de travail dans l’Émile de J.J. Rousseau

Le cœur de l’homme est inquiet et malheureux. Il lui fait tous les jours de sa vie rechercher le bonheur, mais le temps passe et le bonheur le fuit. Il lui fait désirer de vivre seul et content dans l’innocence de ses sentiments naturels et à l’abri de tout ce qui l’agite parmi ses semblables, mais il n’y a pas d’existence possible en dehors de la société. Il voudrait être soi, trouver sa place et s’aimer lui-même, mais il est le plus souvent plein d’amour-propre, envieux et jaloux de la place occupée par les autres. Au moins il peut rêver et écrire. Rousseau, qui a un des cœurs les plus sensibles de son temps, souffre de toutes les souffrances qui accablent les hommes, mais il sait rêver mieux qu’un autre et il peut écrire sans presque s’interrompre. Il écrira donc sur le bonheur et sur les moyens de se garder du malheur autant qu’il est possible, en sachant bien que tout cela n’est pour lui qu’un rêve.

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