La lettre d’information de la Pléiade

La lettre d'information de La Pléiade
HommagePhilippe Jaccottet (1925-2021)
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Avant-première
Réussir sa légende.
Les romans et les poèmes de
Jean Genet dans la Pléiade

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Mémorial de Sainte-Hélène
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Baudelaire

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D’un Feydeau l’autre.
Information confidentielle

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       de la lettre n° 68 en PDF
NouveautésVladimir NabokovVladimir NabokovŒuvres romanesques
complètes, III
N° 648 – 1648 p.
72 € jusqu’au 31 août 2021

En savoir plus sur cet ouvrage>>  Lire un extraitLa Fontaine
La Fontaine Fables
Tirage spécial illustré – 1248 p.
49,90 € jusqu’au 30 septembre 2021

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Shakespeare
Shakespeare
Sonnets et autres poèmes 
(Œuvres complètes, VIII)
N° 655 – 1120 p.
59 € jusqu’au 30 septembre 2021

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Jean Genet
Jean Genet
Romans et poèmesN° 656 – 1648 p.
65 € jusqu’au 30 septembre 2021

En savoir plus sur ces ouvrages>>  Lire un extraitFlaubert
Flaubert
Œuvres complètes, IV
(1863-1874)
N° 657 – 1376 p.
64 € jusqu’au 31 décembre 2021

Œuvres complètes, V
(1874-1880)
N° 658 – 1744 p.
66 € jusqu’au 31 décembre 2021

Les volumes IV et V sous coffret,
130 € jusqu’au 31 décembre 2021


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À la une

Album Flaubert

L’actualité de la Pléiade

Album Pléiade 2021

À partir du 13 mai 2021, votre libraire vous offre l’Album Gustave Flaubert par Yvan Leclerc pour l’achat de 3 volumes de la Bibliothèque de la Pléiade*.

    Quand Flaubert meurt, le 8 mai 1880, on ne connaît pas son visage. C’est une exception dans un siècle où la figure de l’artiste s’est multipliée par la gravure et par la photographie. L’absence d’image résulte de la volonté expresse de l’auteur : il a refusé avec constance de livrer sa tête au public.
    Cette opposition au portrait se double d’un refus de l’illustration. « Jamais, moi vivant, on ne m’illustrera. » « Toute illustration en général m’exaspère – à plus forte raison quand il s’agit de mes œuvres : – et de mon vivant, on n’en fera pas – dixi. C’est comme pour mon portrait. »
    Troisième refus : révéler ou laisser révéler les détails de son existence. « Je pense au contraire », écrit-il en 1859, « que l’Écrivain ne doit laisser de lui que ses œuvres. Sa vie importe peu. Arrière la guenille ! » Sans visage pour ses contemporains, l’artiste doit donc être aussi sans biographie. Flaubert est le premier à théoriser et à mettre en pratique la disparition de l’auteur dans le texte, sous le nom d’« impersonnalité».
    Ces trois refus, du portrait, de l’illustration et de l’empreinte biographique, découlent d’un même principe : l’œuvre seule, la Littérature comme absolu. Il ne facilite pas la tâche de son biographe ni de son iconographe, cet écrivain entré en résistance contre l’imagerie et l’imaginaire de son siècle. Pourtant, le « photophobe » a posé devant plusieurs objectifs, l’iconoclaste a utilisé des images pour sa documentation, le réfractaire à la curiosité biographique a disséminé un discours sur soi dans quelque quatre mille cinq cents lettres, et il a conservé pieusement tous ses manuscrits.
    C’est à partir de tous ces documents qu’Yvan Leclerc retrace la vie de Flaubert, dans un texte à la fois lucide, souriant et profond, que vient étayer une connaissance exceptionnelle de l’œuvre, dont il est l’un des meilleurs spécialistes.
    Publié à l’occasion du bicentenaire de la naissance de l’auteur, l’Album Gustave Flaubert succède à l’Album Flaubert établi en 1972 par Jean Ducourneau et Jean Bruneau — Jean Bruneau qui consacra sa vie à l’édition de la Correspondance de Flaubert, édition achevée, précisément, par Yvan Leclerc et dont les cinq volumes, qui viennent s’ajouter aux cinq volumes des Œuvres complètes, constituent une extraordinaire expérience de lecture.

Rousseau dans la renaissance arabe

Présence de Rousseau dans la « Renaissance » arabe  

par   Abdelaziz   LABIB,     Université de Tunis

« Le XVIIIè siècle sied toujours aux Arabes », et « donne consistance à certains mythes »[1] dont, entre autres, l’utopie d’un roi-philosophe incarné à l’âge d’or par Al-Mamûn  ou l’image d’un Islam originel que Rousseau – dans un célèbre passage du Contrat social[2] – se représente sommairement comme religion civile et unitaire par opposition au Christianisme qu’il juge « religion toute spirituelle, occupée uniquement des choses du ciel ».[3]

Certes les « influences » des idées des Lumières sur le mouvement intellectuel arabe moderne ont fait l’objet de grandes et instructives études qui ont posé les problèmes essentiels de la recherche et tracé ses grandes directions.[4] Néanmoins, les études arabes – notamment l’histoire comparée des idées – se penchent souvent sur les grands thèmes et « courants » de pensée et entreprennent les rapprochements entre maîtres et disciples sous le rapport de leurs affinités idéologiques. Il est  des cas extrêmes où les textes  sont subordonnés à une argumentation forcée dans une stratégie d’idéologie « savante ». [5]De ces études ressort, en gros, que  la pensée arabe contemporaine est d’un esprit ou éclectique ou syncrétique. Cette thèse serait, en partie, soutenable: ne voit-on pas au 19è siècle finissant le discours modernisateur réunir dans un même mouvement d’ensemble, voire chez un même moniteur comme Farah Antone, Averroès, Bacon, Rousseau, Comte, Renan, Darwin et Nietzsche?[6]  Les contradictions de la pensée de Salâma Mûsa ne sont-elles pas celles-là mêmes qui opposeraient les grands auteurs européens qui l’influencent: Rousseau, Bentham, Darwin, Spencer, Nieztsche, etc.?[7] Cet éclectisme, en tant que mode du penser, ne serait-il pas cause et effet de l’absence d’une raison constituante et réflexive qui se doit de s’interroger – si le terme est permis – sur la « philogenèse » de l’idée? Serait-il en même temps le signe distinctif d’une raison pragmatico-instrumentaliste qui, au-delà ou peut-être en deçà de l’explicite, recherche un implicite récupérable qu’elle juge d’après son efficacitédans un contexte différent? Si c’était le cas, est-ce que l’éclectisme serait en mesure d’expliquer – du moins en partie – les déficiences de la réflexion philosophique demeurée inessentielle dans ce mouvement? Ou bien est-ce que ce même éclectisme serait l’expression d’une relative spontanéité de la conscience qui en s’éveillant découvre tardivement la diversité qui compose une scène dont les différents épisodes se sont joués ailleurs? En bref, s’agit-il ici d’une philosophie ou d’une idéologie?  Et, ne peut-on pas échapper à ce dualisme au moyen du concept de conscience? Dans un sens comme dans un autre, la question mérite d’être vérifiée dans des cas précis.

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OrsayLiveHommage éclatant à Ravel


Pourquoi cet article sur notre site : Nous admirons Ravel et considérons L’orchestre de Paris comme exceptionnel .
Enfin comme Association Amis de Musée , nous nous devons de soutenir cet extraordinaire Musée , qu’est le Musée d’Orsay .

Merci à vous … Merci du soutien que vous pourrez apporter à nos activités …
Christian DIDIER
Président
 AVEC L’ORCHESTRE DE PARIS ET SABINE DEVIEILHE 
   

 L’Orchestre de Paris, dirigé par Pablo Heras‑Casado, et la soprano Sabine Devieilhe vous donnent rendez-vous dans la nef du musée d’Orsay, puis dans la galerie des impressionnistes, pour un concert exceptionnel, hommage au compositeur Maurice Ravel.  Au programme de cette odyssée musicale : son incontournable Boléro, sa fascinante orchestration des Tableaux d’une exposition de Moussorgski, clin d’œil aux émotions ressenties lors d’une promenade muséale, et les Cinq mélodies populaires grecques, invitation au folklore des noces. 

Ce concert, qui s’inscrit dans le cadre du partenariat avec l’Orchestre de Paris, fait partie d’#OrsayLive, programmation musicale en ligne du musée d’Orsay.  
Diffusion samedi 1er mai à partir de 20h30 sur le site web du musée d’OrsayfrancetélévisionsPhilharmonie Live
   

Rousseau et l’homme naturel

L’époque des Lumières est certainement un moment historique qui a fortement marqué notre imaginaire collectif, tout comme la Renaissance ou l’Antiquité grecque. Il s’agit en effet de l’un de ces moments où l’humanité semble se réveiller du sommeil de l’ignorance, se délivrer du joug de l’obscurantisme, repousser l’horreur de la violence et embrasser la tolérance. En réalité, cette époque, comme toutes les autres, est beaucoup plus complexe de ce qu’elle ne paraît à un premier regard. Si d’un côté un nombre très remarquable de grands hommes embrasse la cause philosophique, et s’engage activement pour améliorer le monde, de l’autre côté le XVIIIe siècle français connaît et alimente toujours des réalités terribles comme l’esclavage, la colonisation, la censure, l’absolutisme monarchique, les persécutions religieuses, les emprisonnements arbitraires, etc.

L’objet de cette étude est en particulier l’analyse de la façon dont les philosophes français abordent la question de « l’autre », de l’étranger, dans un contexte politique et culturel qui prévoit toujours l’exploitation des esclaves et la conquête de terres essentiellement volées aux populations autochtones. Dans un premier temps, on donnera un cadre des événements principaux qui marquent la France au cours du XVIIIe siècle, tout en réservant une place particulière à l’analyse du mouvement des Lumières. Ensuite, nous nous focaliserons sur la situation coloniale française et nous verrons de quelle façon les philosophes, défenseurs par excellence des droits de l’homme, réagissent à la question coloniale et à celle de l’esclavage. Dans un deuxième temps, on se concentrera sur trois philosophes en particulier qui font usage d’un personnage étranger dans leurs œuvres, à savoir Montesquieu, Voltaire et Diderot. Tout d’abord, on dédiera un chapitre à la définition de la figure du « bon sauvage », le sauvage pur et non civilisé qui vit selon Nature, personnage central dans notre étude, et à ses premières apparitions en littérature. Ensuite, on analysera la raison pour laquelle chacun desphilosophes à l’étude choisit d’employer cette figure dans son œuvre, et la façon dont il la réinterprète et la réinvente de façon personnelle. Pour chacune des œuvres à l’étude, à savoir les Lettres Persanes de Montesquieu, L’Ingénu de Voltaire et le Supplément au voyage de Bougainville de Diderot, on analysera le sujet, la forme, un extrait tiré de l’œuvre, et surtout le rôle du « bon sauvage » dans chaque ouvrage.

Le but de l’étude est de chercher à comprendre quelle est la véritable position de ces trois philosophes face à la question de « l’autre ». Pourquoi emploient-ils des personnages étrangers dans leurs œuvres ? S’agit-il tout simplement d’un escamotage rhétorique ? D’un subterfuge philosophique pour contourner la censure et critiquer sa propre société del’extérieur ? Ou bien considèrent-ils le « bon sauvage » comme étant réellement supérieur à l’homme civilisé, en tant qu’être pur et plus proche de la Nature ?

Comme nous le verrons dans la première partie de cette étude, dédiée au contexte historique et culturel, les Lumières françaises sont multiples, dans la mesure où elles ne constituent pas

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Mon Sujet m’entraînant malgré moi

Sophie, Émile, ou le droit de choisir son propre pays

Le cinquième livre de l’Emile constitue une sorte de pont jeté vers le Contrat Social. Le processus éducatif d’Emile se termine lorsqu’il rencontre Sophie. La perspective d’un ménage conforme à la «nature» de chacun des sexes ouvre à la femme un futur de contrainte et de gêne. Par ailleurs, le désir des deux amants de former une famille de leur choix va se heurter à l’ordre politique existant. Leur projet doit se confronter aux états confessionnels qui dominent l’Europe, où l’hypothèse d’un mariage civil présupposerait des changements substantiels, tout d’abord une suppression des rapports inégalitaires, ainsi qu’une transformation de la notion de sujet.

Peu avant, au cours de la Profession du vicaire savoyard, Rousseau avait développé une critique, y compris terminologique, de la notion unitaire de sujet qui s’était affirmée très prudemment à partir de de Descartes. Une notion unitaire mais sans utiliser un terme unitaire. En effet, Descartes et ses successeurs, en se référant au sujet de la connaissance, avaient soigneusement évité d’utiliser le substantif «sujet» qui aurait pu avoir des implications politiques dangereuses.

En revanche, dans le Contrat social ou principes du droit politique, «sujet» a deux significations politiques opposées. D’une part, suivant le sens courant dans les sociétés d’ancien régime, il désigne une personne sans droits politiques, assujettie au souverain. D’autre part, en tant que référé à la cité du contrat social, il désigne les sujets investis de certains droits politiques. Ils ne sont ni sujets du souverain, 

-fût-il formé du peuple (le «demos»)-, ni assujettis à eux-mêmes en tant que citoyens, mais ils sont soumis uniquement à la loi, dans la mesure où celle-ci est l’expression de la volonté générale et la source de tout droit politique. Le «contrat substitue une égalité morale et légitime à ce que la nature avait pu mettre d’inégalité physique entre les hommes», et l’inégalité entre hommes et femmes se transforme donc en égalité de tous les «sujets» dans leurs droits.

Pour essayer de situer et d’éviter les dissonances qui s’annoncent dans ses rapports avec Sophie, Emile se mettra en route à travers l’Europe, les principes du droit politique dans la poche. Il cherchera un pays qui les reconnaisse , et qui puisse accueillir, comme un couple légitimé à former une nouvelle famille, lui et Sophie, en leur assurant un rapport paritaire, et en les protégeant des vexations de toutes sortes. Cette recherche va même au-delà, puisqu’elle implique non seulement la possibilité pour chacun de choisir sa propre résidence dans tel ou tel pays, mais également d’y jouir aussi des droits politiques. En plus du droit de citoyenneté, ils devront avoir, comme «sujets» les droits électoraux actifs et passifs, par lesquels ils pourront, entre autres choses, poser leur candidature comme participer au choix des candidats.

Pourtant les innovations politiques introduites par Rousseau par le biais de termes à double sens qui devaient lui permettre d’esquiver les possibles accusations de lèse-majesté, n’ont pas été perçues par les traducteurs du Contrat social en d’autres langues, par exemple en italien. Ils ont ignoré non seulement les deux manières de rendre le mot «sujet», mais aussi tout rapport avec les deux significations du substantif «voix» dans le traité. En éliminant les voix par lesquelles les sujets expriment leur discours politique, et donc en se débarrassant des sujets mêmes, on fait du «droit politique» un simulacre qui cache l’abolition des droits politiques. Rarement la tâche du traducteur a pu apparaître aussi profondément politique que dans les oeuvres de Rousseau. Et après deux siècles et demi elle pourrait ne pas avoir cessé de produire ses effets.

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