Il faut tuer son ennemi une deuxième fois !

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JEAN-JACQUES ROUSSEAU ET L’APOCOLOQUINTOSE .


Pierre-François PUECH et Bernard PUECH

Pierre-François Puech – Academia.edu

Jean-Jacques Rousseau, célèbre du jour au lendemain par son Discours sur les sciences et les arts, a permis qu’on le vît un an plus tard, en 1751, ayant abandonné ses enfants. Pouvait-il resurgir comme philosophe moraliste après avoir donné l’image d’un pédagogue incapable d’assumer ses propres enfants et qu’on l’eut résumé à ce « méfait »?

En 1758, Jean-Jacques Rousseau est « destiné à être “mécompris” ». Il est malade et pense sa fin proche. Il signe, le 8 mars, un acte devant notaire reconnaissant à sa « domestique » Thérèse une dette de mille neuf cent cinquante livres de gages pour treize années de service.

Cette année est également celle de l’achèvement de sa liaison avec Sophie d’Houdetot en qui il a vu la Julie de la « Nouvelle Héloïse » …

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Dialogue à la manière de …

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« On n’est curieux qu’à proportion qu’on est instruit. » – Jean-Jacques Rousseau

EXTRAITS D’UN DIALOGUE THEATRAL

ENTRE VOLTAIRE ET ROUSSEAU

Rousseau (choisit de s’assoir sur la chaise en face de Voltaire)

Voltaire : Que me vaut l’honneur de votre visite ? La présentation d’un nouveau discours directement inspiré par Thomas Hobbes peut-être ?

Rousseau : Ce n’est point, là, le but de mon déplacement, je le crains.

Voltaire : Vous aurez donc omis de m’apporter un exemplaire d’Emile ou de La Nouvelle Heloïse ? Vous m’en voyez peiné.

Rousseau (regardant Voltaire droit dans les yeux) : Je ne suis guère ici, pour votre bonheur personnel. Je le conçois parfaitement.

Voltaire : Bonheur… Vous parlez de bonheur… mais l’homme que vous êtes, cet homme reclus dans la campagne suisse et ce même homme ayant abandonné ses cinq enfants aux « enfants-trouvés », peut-il savoir ce qu’est le bonheur ?

Rousseau (tentant de garder bonne figure) : N’oubliez pas toute méchanceté vient de faiblesse… Les accusations que vous levez contre moi restent infondées. Et si jamais, j’avais des justifications à rendre, je me garderais bien de vous en faire part. Malgré l’admiration que j’éprouve à votre égard, il vous faudra surement tourner les pages d’une de mes futures œuvres, et vous abîmer les yeux à la lecture de mes mots, de mes confessions, pour peut-être y trouver quelconque satisfaction.

(…)

Rousseau (levant la voix) : Mais qu’est ce que le luxe veut dire pour vous ? De beaux habits ? De l’argent ? De la nourriture en abondance ? De belles demeures ? Tout cela n’est que superflu ! Le vrai bonheur ne réside pas dans la superficialité mais dans la naturalité. La paix, l’amitié, l’amour, la famille, la nature, la nourriture en quantité suffisante, voilà les fondements du vrai bonheur d’une vie ! Aujourd’hui nous pourrions les qualifier de luxe tant notre futile société et ses intérêts les ont raréfiés.

Voltaire : La famille et les amis, la société en règle générale est source de bonheur. Un paysan vivant seul avec pour simple compagnie un âne et une poule, est obligatoirement malheureux. Le bonheur est de vivre en ville, ou à la cour. Il faut s’entourer, faire preuve de courtoisie et se montrer curieux. N’est ce pas vous qui avez écrit dans Emile ou de l’Education: « on n’est curieux qu’à proportion qu’on est instruit » ? Voyez donc que le savoir est fondamental pour accéder au bonheur !

Rousseau (gardant son calme tant bien que mal) : En effet, il s’agit de ma plume. Mais il me semble également que j’avais énoncé quelque chose comme « les gens qui savent peu parlent beaucoup, et les gens qui savent beaucoup parlent peu ». Vous qui parlez de société, je crains de ne savoir trop bien à quelle catégorie vous pourriez appartenir.

(…)

Ce fut très plaisant cher ami de débattre ainsi avec vous. De plus, il me tarde de retrouver ma douce et accueillante campagne.

(Rousseau se lève et pose son regard sur les fleurs sauvages qu’il a apportées, puis se détourne vers son hôte)

Jusqu’à ma prochaine visite, tâchez de prendre soin de ce bouquet, et de goûter au prélude du bonheur.

Voltaire (en ouvrant lui-même la porte) : Je vous en prie, sortez. Et surtout n’hésitez pas à revenir quand bon vous semble. Nos entrevues sont toujours un plaisir.

 

Source : Lycée de l'Iroise - Brest (France)

«Ô ZANETTO» de REGINE BELLEY

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Régine Belley sera présente au Salon du Livre de Paris
le samedi 17 mars 2018 de 14 à 16 heures. :

Détails sur le livre :
. Format : 13,4×20,4
. Nombre de pages : 218
. Date de publication : 29 avril 2016

– Résumé du livre :
Une lettre s’écrit à un absent et offre une Liberté infinie de l’expression des sentiments. La clore c’est laisser une trace. Pliée en quatre, comme pour préserver l’intimité entre celle qui l’écrit et celui qui la reçoit, la lettre met à nu l’amour, l’amitié, la chance et le destin. Déployée comme les ailes d’un condor, elle s’épanouit exigeant une authenticité véritable. Le destinataire ? Jean-Jacques Rousseau qui indiqua le chemin pour plus de justice, au prix d’une blessure personnelle qu’il a peinte dans toute son œuvre. Il avait espéré qu’un jour quelqu’un puisse juger ce qu’il avait été par ce qu’il avait souffert. L’auteure, à l’âme sensible, affronte, avec le choix du cœur, cinq sommets de Suisse pour revenir apaisée au lac de Neuchâtel.

 

 

 

 

– Biographie de l’auteur :
Régine Belley a rédigé mille et une lettres. « Ô ZANETTO » est la première d’entre elles destinée à Jean-Jacques Rousseau, l’étoile malheureuse du Siècle des Lumières, solitaire au cœur de la société qui, selon lui, ne l’aimait point. Pourtant son règne, aujourd’hui, ne s’est pas achevé.

Je cherche, me dit-il simplement, les enfants de Jean-Jacques Rousseau !

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Je rencontrai, depuis plusieurs années, à la bibliothèque, un vieil homme de mine peu opulente, mais qui avait attiré mon attention par la conscience qu’il apportait à ses recherches ; je l’avais vu également aux Archives nationales, à Carnavalet, à la préfecture de police, dans tous les endroits de Paris, enfin, où l’on ait chance de picorer les miettes de l’histoire, et nous avions été amenés peu à peu à échanger ,sans nous connaître autrement, quelques mots de politesse.

Un jour, l’ayant trouvé aux archives de l’Assistance publique, où s’entassent, depuis des siècles, les tragiques annales de la misère humaine, je lui demandai quel travail l’amenait, dans cet endroit inexploré.

–        Je cherche, me dit-il simplement, les enfants de Jean-Jacques Rousseau.

Nos premiers maîtres de philosophie sont ….

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«Nos premiers maîtres de philosophie sont nos pieds, nos mains, nos yeux. Substituer des livres à tout cela, ce n’est pas nous apprendre à raisonner, c’est nous apprendre à nous servir de la raison d’autrui. » – Jean-Jacques Rousseau

 

Page:Œuvres complètes de Jean-Jacques Rousseau – II.djvu/464

« rend les enfants adroits ou lourds, pesants ou dispos, étourdis ou prudents.Les premiers mouvements naturels de l’homme étant donc de se mesureravec tout ce qui l’environne, et d’éprouver dans chaque objet qu’il aperçoit toutesles qualités sensibles qui peuvent se rapporter à lui, sa première étude est unesorte de physique expérimentale relative à sa propre conservation, et dont on ledétourne par des études spéculatives avant qu’il ait reconnu sa place icibas. Tandis que ses organes délicats et flexibles peuvent s’ajuster aux corps surlesquels ils doivent agir, tandis que ses sens encore purs sont exempts d’illusion, c’est le temps d’exercer les uns et les autres aux fonctions qui leur sont propres ; c’est le temps d’apprendre à connaître les rapports sensibles que les choses ontavec nous. Comme tout ce qui entre dans l’entendement humain y vient par lessens, la première raison de l’homme est une raison sensitive ; c’est elle qui sertde base à la raison intellectuelle : nos premiers maîtres de philosophie sont nos pieds, nos mains, nos yeux. Substituer des livres à tout cela, ce n’est pas nous apprendre à raisonner, c’est nous apprendre à nous servir de la raison d’autrui ; c’est nous apprendre à beaucoup croire, et à ne jamais rien savoir.

Pour exercer un art, il faut commencer par s’en procurer les instruments, et, pour pouvoir employer utilement ces instruments, il faut les faire assez solidespour résister à leur usage. Pour apprendre à penser, il faut donc exercer nosmembres, nos sens, nos organes, qui sont les instruments de notre intelligence ; et pour tirer tout le parti possible de ces instruments, il faut que le corps, qui lesfournit, soit robuste et sain. Ainsi, loin que la véritable raison de l’homme seforme indépendamment du corps, c’est la bonne constitution du corps qui rendles opérations de l’esprit faciles et sûres.

En montrant à quoi l’on doit employer la longue oisiveté de l’enfance, j’entredans un détail qui paraîtra ridicule. Plaisantes leçons, me diraton, qui, retombant sous votre propre critique, se bornent à enseigner ce que nul n’abesoin d’apprendre ! Pourquoi consumer le temps à des instructions qui viennenttoujours d’ellesmêmes, et ne coûtent ni peines ni soins ? Quel enfant de douze ans ne sait pas tout ce que vous voulez apprendre au vôtre, et, de plus, ce queses maîtres lui ont appris ?

Messieurs, vous vous trompez : j’enseigne à mon élève un art très long, trèspénible, et que n’ont assurément pas les vôtres ; c’est celui d’être ignorant : carla science de quiconque ne croit savoir que ce qu’il sait se réduit à bien peu dechose. Vous donnez la science, à la bonne heure ; moi je m’occupe del’instrument propre à l’acquérir. On dit qu’un jour, les Vénitiens montrant engrande pompe leur trésor de SaintMarc à un ambassadeur d’Espagne, celuici, pour tout compliment, ayant regardé sous les tables, leur dit : Qui non c’è laradice. Je ne vois jamais un précepteur étaler le savoir de son disciple, sans êtretenté de lui en dire autant.

Tous ceux qui ont réfléchi sur la manière de vivre des anciens attribuent auxexercices de la gymnastique cette vigueur de corps et d’âme qui les distingue leplus sensiblement des modernes. La manière dont Montaigne appuie cesentiment montre qu’il en était fortement pénétré ; il y revient sans cesse et demille façons. En parlant de l’éducation d’un enfant, pour lui raidir l’âme, il faut, ditil, lui durcir les muscles ; en l’accoutumant au travail, on l’accoutume à ladouleur ; il le faut rompre à l’âpreté des exercices, pour le dresser à l’âpreté de ladislocation, de la colique et de tous les maux. Le sage Locke, le bon Rollin, lesavant Fleury, le pédant de Crouzas, si différents entre eux dans tout le restes’accordent tous en ce seul point d’exercer beaucoup les corps des enfants. C’est le plus judicieux de leurs préceptes ; c’est celui qui est et sera toujours leplus négligé. J’ai déjà suffisamment parlé de son importance, et comme on nepeut dessus donner de meilleures raisons ni des règles plus sensées quecelles qu’on trouve dans le livre de Locke, je me contenterai d’y renvoyer, aprèsavoir pris la liberté d’ajouter quelques observations aux siennes. »