Propriété et droit naturel chez Jean-Jacques Rousseau.

les_Charmettes__Phototheque_des_musees_de_Chambery-300x169 Une lecture de l’épisode opposant Émile à Robert dans le livre II d’Émile. Paru dans la Revue Rousseau studies, Genève, Slatkine, 2014

Dans le Discours sur l’économie politique, le Genevois écrit que le droit de propriété est « le plus sacré de tous les droits »1. Cela signifierait-il que Rousseau considère le droit de propriété comme un droit naturel ? Georges Gurvitch utilise notamment cette citation pour prouver après Liepmann, Gierke, Höffding et Hensel que Rousseau n’est pas un des pères du socialisme, mais qu’il défend au contraire la préexistence du droit de propriété par rapport à la loi et son caractère inviolable et naturel2. Il va donc dans le sens d’une interprétation kantienne de Rousseau et tire le texte vers la logique des droits naturels de l’individu. Certains textes de Rousseau semblent, en effet, attribuer au droit de propriété une dimension fondamentale. Cela rapprocherait Rousseau de Locke. Le philosophe anglais donne à la propriété une légitimité objective et naturelle au chapitre 5 du Second traité du gouvernement civil.

Cela questionne plus généralement le statut du droit naturel chez Rousseau. Yves Vargas considère que Rousseau est radicalement opposé au droit naturel dans ses déclarations les plus fondamentales3. D’autres estiment, à l’inverse, que Rousseau utilise le langage des droits naturels et qu’il est un partisan, avant l’heure, d’une sorte de doctrine des droits de l’homme. Il existe aussi, une solution intermédiaire pour concilier les divers points de vue et qui

1 Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’économie politique, dans J-J. Rousseau, Édition du Tricentenaire- Œuvres complètes, volume VI, Écrits politiques et économiques (3), dir. R. Trousson et F. S. Eigeldinger, Paris/Genève, Champion/Slatkine, 2012. Désormais abrégée ET-OC VI, p.

lire la suite ( ici) 

Communication – Vente d’ouvrages

 

  IMG_9111 Une collection d’ouvrages sur Jean Jacques Rousseau assez conséquente, toutes les oeuvres (*) éditées dans la pléiade et bien plus… 42 volumes de la correspondance complète, est proposé à la vente par un parent de nos adhérents  

( *) édition critique établie et annotée par R.A Leigh de la fondation Voltaire.

Vous êtes intéressés, contacter nous à notre adresse figurant sur ce site.
 
Merci
 
 

Promenade contée sur le Chemin du Philosophe

chateau-de-la-chasse

Samedi 19 juin 2021
Forêt de Montmorency

 L ‘association du « Chemin du Philosophe »  propose une promenade en forêt ponctuée de contes philosophiques.

L’occasion de découvrir le parcours du chemin du philosophe et ses différentes stations qui forme une boucle de 2,5km.

Samedi 19 juin 2021 de 9h30 à 12h – Départ et retour devant le Château de la Chasse- Gratuit.

Actu – Communication

Bonjour,
 
J’ai le plaisir de vous annoncer  notre nouvelle création « Promenade avec J.J Rousseau »  avec Geoffroy Guerrier dans le rôle de J.J Rousseau ; adaptation et mise en scène Olivier Hueber (durée 1h).
Ce spectacle se jouera  le vendredi 25 juin à 21h et le dimanche 27 juin à 16h.
Au théâtre de L’Usine (33 chemin d’Andresy à Eragny sur Oise)
Tarif : de 6 à 14 euros.
Réservations : 01 30 37 01 11
 
Cordialement,
Olivier Hueber

Les écrits de Jean-Jacques Rousseau, mort il y a trois siècles, nous frappent encore aujourd’hui par leur étonnante actualité.

Rarement un philosophe a autant alerté ses contemporains sur les dangers qu’encourt une société fondée uniquement sur la cupidité, le mensonge et le droit du plus fort.

Ce spectacle nous dévoile non seulement un Rousseau soucieux du sort de ses semblables, mais aussi, en précurseur du romantisme, un être capable de s’émouvoir à la seule vue du spectacle de la nature au cours d’une de ses promenades dans les Alpes.

“C’est la philosophie d’un gueux qui veut que les riches soient dépouillés par les pauvres”
Voltaire

Parler de Dieu aux enfants (rappel de JJ Rousseau)

 

jean_paul_yves_le_goff

 » (…) Gardons-nous d’annoncer la vérité à ceux qui ne sont pas en état de l’entendre, car c’est y vouloir substituer l’erreur (…) Il vaudrait mieux n’avoir aucune idée de la Divinité que d’en avoir des idées basses, fantastiques, injurieuses, indignes d’elle. C’est un moindre mal de la méconnaître que de l’outrager. Les grand mal des images difformes de la Divinité qu’on trace dans l’esprit des enfants, est qu’elles y restent toute leur vie et qu’ils ne conçoivent plus, étant hommes, d’autre Dieu que celui des enfants.
(…)
Un enfant doit être élevé dans la religion de son père :on lui prouve toujours très bien, très aisément, que cette religion, telle qu’elle soit, est la seule véritable ; que toutes les autres ne sont qu’extravagance et absurdité. La force des arguments dépend absolument, sur ce point, du pays où on les propose. Qu’un Turc, qui trouve le christianisme si ridicule à Constantinople, aille voir comment on trouve le mahométisme à Paris. C’est surtout en matière de religion que l’opinion triomphe (…) « 

Jean-Jacques Rousseau, L’ÉMILE.