La puissance du courant des lumières .

Résumé

Nous présenterons brièvement la pensée éducative ressortant des écrits de Jean-Jacques Rousseau au 18e siècle, pour ensuite la mettre en tension avec certaines théories de l’apprentissage qui ont cours aujourd’hui. Nous cherchons à mettre en lumière en quoi Rousseau peut encore contribuer aujourd’hui à penser l’éducation, mais aussi en quoi sa pensée est en tension avec certains paradigmes contemporains. Nous concluons en soulignant la nécessité de réfléchir à tous les principes de l’enseignement/apprentissage en tenant compte de la finalité de contribuer au développement d’un être humain au potentiel unique, capable de devenir un être autonome et libre, participant activement à son devenir et à celui de la société.

 

Abstract

Rousseau’s thoughts on education are being presented and then put in tension with todays educational conceptions. We aim at highlighting in how far Rousseau’s work can still contribute to conceive teaching and learning, but also how it is in tension with some contemporary educational tenets. We conclude by emphasising the need to reflect all teaching and learning taking into account the objective to allow the development of a human being bestowed with a unique potential, that of being able to become autonomous and free, actively taking part in his and his society’s future.

Dans un premier temps, il convient de situer Rousseau dans son époque. L’expression « siècle des Lumières » signifie le triomphe de la Raison, de la rationalité (Cassirer, 2001). Elle renvoie à un courant de pensée — aux multiples facettes — regroupant les principaux penseurs de l’époque. Ces penseurs se veulent critiques. Trois champs de l’activité humaine seront remis en question par la philosophie des Lumières : la science, les arts et la technique. C’est aussi à cette même époque qu’apparaît en quelque sorte l’idée du progrès. Plusieurs noms célèbres sont associés au siècle des Lumières. En France, on pense à Diderot, à Montesquieu, à Voltaire. En Angleterre, on songe à Newton et à Locke. En Allemagne, les noms de Wolff et de Lessing nous viennent à l’esprit. Même le grand Kant sera influencé par ce mouvement. « Critique » nous avons dit. En effet, les Lumières s’opposent à la religiosité aveugle, à l’autorité illégitime et à l’ignorance. Ces tares pourront disparaître grâce à la. Raison. Celle-ci, universellement partagée par tous les êtres humains, est considérée comme une réalité positive. C’est sur elle que doit s’appuyer la définition des droits humains. Le progrès s’appuie aussi sur l’idée que la Raison ne sert pas seulement à connaître, mais sert également — et peut-être surtout — à agir sur le monde. Le Progrès signifie alors une possibilité d’action sur la nature et une possibilité de contrôle sur le monde social. Les progrès des sciences de la nature forment le noyau dur de ce rationalisme. Ce progrès serait par nature un apport positif pour l’être humain et la société.

Le dix-huitième siècle se caractérise non seulement par la puissance du courant des Lumières, mais aussi par le fait qu’il est traversé par des bouleversements politiques et deux révolutions majeures. La révolution américaine (1776-1783) prend la forme d’une guerre de libération coloniale contre l’Empire britannique. Afin de renflouer ses coffres vidés par la guerre de Sept Ans, l’Angleterre impose à ses treize colonies d’Amérique des impôts et des taxes notamment sur le thé. Les colons refusent de payer. Suit alors un long conflit juridique (1765-1773) qui entraînera une rupture entre la métropole et ses colonies. Après une première déclaration des droits par le Congrès de Philadelphie (1774), laquelle revendique l’indépendance des colonies américaines, la guerre éclate. Le Congrès américain vota le 4 juillet 1776 la « Déclaration d’Indépendance des États-Unis d’Amérique », mais ce ne fut qu’à la signature du traité de Versailles en 1783 que cette indépendance fut reconnue par l’Angleterre. La Révolution française (qui débute en 1789) est une révolution menée par la nouvelle classe montant, la bourgeoisie, contre les privilèges de la noblesse et l’arbitraire de la monarchie absolue. Elle a entraîné de grandes transformations dans la société française. Ce n’est plus le roi, mais la nation tout entière qui devient le fondement de la souveraineté. Le régime monarchique n’existe plus, il fait place à la république où les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire sont séparés. Cela pourrait être vu comme étant la volonté de limiter l’arbitraire pour le remplacer par la raison, dans une recherche de ce qui est juste.

A suivre … pour nos adhérents ….

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Jean Jacques Rousseau et le Panthéon – Acte 1

Et si Jean Jacques ne voulait ce voir au Panthéon …

Ainsi en est-il de la fameuse notion d’état de nature, qui est souvent l’objet d’interprétations caricaturales et qui, loin de représenter une réalité donnée, désigne une hypothèse méthodologique et un instrument de travail pour Rousseau.

Et Jean Jacques Rousseau à Montmorency ... Pourquoi pas

–          Si nous retranchons, par hypothèses, ce que la société a apporté à l’homme, nous obtenons un état qui n’a probablement jamais existé mais permettant, par abstraction, d’éclairer notre situation présente.

Ainsi, se dessine l’homme naturel, fiction méthodologique. Quels sont ses caractères ?

–          Nous les saisissons par opposition à ceux de l’animal, cette simple machine.

–          Conscience et liberté définissent l’homme, toujours en mesure d’acquiescer ou de résister à ses impressions, comme nous le dit Rousseau dans le Discours sur l’origine de l’inégalité.

–          Cet homme naturel peut pourvoir à ses besoins : il est donc heureux.

–          Le seul sentiment social qui lui appartienne est la pitié, pouvoir effectif de s’identifier à quiconque souffre.

A suivre .. Acte 2 pour nos adhérents ….