Le saviez- vous … Maintenant Oui ! 

Jean-Jacques Rousseau est né à Genève le 28 juin 1712. Fils d’un horloger, il est mis en apprentissage chez un greffier, puis chez un graveur. En 1728, il quitte Genève et rencontre Madame de Warens. Il abjure la religion calviniste (il reviendra au calvinisme en 1754). C’est en 1742 qu’il arrive à Paris. Il devient, à partir de cette époque – et surtout à partir de 1745 l’ami de Diderot.

Il accède à la célébrité avec son Discours sur les sciences et les arts (1750) que couronne l’Académie de Dijon. En 1752, Le Devin du village obtient un vif succès devant le roi et il est joué à l’Opéra. Jean-Jacques fréquente alors les Encyclopédistes et collabore à l’Encyclopédie.

En l755, il publie le Discours sur l’origine de l’inégalité et commence un Essai sur l’origine des langues qui restera inachevé. Invité, en 1756, par Madame d’Epinay, il s’installe à l’Ermitage.

En 1757 et 1758, il se brouille définitivement avec Grimm et Diderot. Il est de plus en plus isolé.

Il écrit Julie ou la nouvelle Héloïse (1761), roman épistolaire, ainsi que Du contrat social et l’Emile (1762).

La Profession de foi du vicaire savoyard irrite le Parlement, et Rousseau doit prendre la fuite. Il va connaître des années difficiles, marquées par de nombreuses brouilles (avec Hume, notamment). Il rédige ses Confessions, rentre à Paris en l 770 et achève sans doute Les Confessions cette même année (1) . Puis il accepte l’hospitalité du marquis de Girardin à Ermenonville et meurt en 1778. Les Rêveries du promeneur solitaire seront publiées en 1782.

En 1794, les restes de Rousseau furent transportés au Panthéon. Le peuple de la Révolution s’était reconnu dans l’auteur du Contrat social.

(1) Les confessions sont posthumes

Racines et apports


1 – Les racines

* Rousseau est d’abord un lecteur des Anciens : il s’est nourri de la République, de Platon, ainsi que de la Politique et de l’Ethique à Nicomaque, d’Aristote, mais aussi des moralistes, Cicéron, Sénèque et Epictète. « D’Epictète asservi, la stoïque fierté M’apprend à supporter les maux, la pauvreté » Mentionnons enfin, toujours parmi les Anciens, Plutarque (46-125), « lecture favorite » de Jean-Jacques.

* Machiavel constitue également une source importante de Rousseau, qui cite Le Prince dans le Contrat social.

* Grotius (1583-1645), célèbre juriste hollandais et maître de l’école du droit naturel (inhérent à la nature de l’homme), figure aussi dans la sphère de la réflexion politique de Rousseau (il est critiqué dans le Contrat social). Citons également Hobbes et Locke parmi les penseurs connus et critiqués.

* Enfin, l’influence de Condillac (17l5-l780), auteur du Traité des sensations (1755), ne doit pas être négligée. Rousseau le rencontrait d’ailleurs chaque semaine.

 

2 – Les apports conceptuels

Jean-Jacques Rousseau s’est fondamentalement intéressé au vrai contrat, légitime, constitutif de la société et refoulant l’univers de la violence.

Ses concepts fondamentaux sont les suivants :

* l’état de nature, envisagé non point de manière historique, mais comme état de l’homme quand on en retranche, de manière purement hypothétique, ce que la société lui a fourni et apporté (ce concept est un instrument d’analyse, il est opératoire) ;

* le concept de perfectibilité : alors que l’animal dispose d’instincts, conditions de son adaptation au milieu environnant, alors qu’il est en son genre parfait et n’a donc pas d’histoire, l’homme est perfectible;

* le concept de loi, expression et déclaration de la volonté générale, lorsque le peuple statue. La loi se distingue du décret, acte de la puissance exécutive. La loi représente, aux yeux de Rousseau, une règle impérative et universelle ;

* la volonté générale, volonté ayant pour objet le bien et l’intérêt communs et s’exprimant par un vote auquel prennent part tous les citoyens. La source de la volonté générale est le peuple ;

* le contrat social, pacte constituant le fondement idéal (la règle) du droit politique. Le contrat est une idée normative, il ne porte pas sur ce qui s’est produit historiquement et effectivement ;

* le concept de Souverain, instance supérieure du pouvoir, qui pour Rousseau se confond avec le corps politique constitué par tous les citoyens. (conception démocratique)

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