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Si la religion naturelle de l’Emile est rationnelle, comme Rousseau peut-il s’écrier « Conscience, conscience, instinct divin » ?

Dans le livre IV de son Emile, Rousseau fait entrer en scène un vicaire savoyard et sa vibrante profession de foi théiste, qui assied la conscience morale sur la reconnaissance de la divine lumière et de la divine présence qui sont comme des marques déposées dans le cœur humain par Dieu créateur. Si donc le « cœur » ressent et éprouve, il désigne bien, en ce sens comme chez Pascal, le siège de la grâce divine.

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Cénotaphe de Jean-Jacques Rousseau, île des Peupliers, parc Jean-Jacques Rousseau à Ermenonville (Oise) Wikipedia

La religion naturelle ne désigne ni une adulation de la nature, ni une religion existante, ayant existé, ou désireuse de le faire. Le vocable désigne le noyau présent en droit dans toute religion, l’essentialité de toute religion. Or, conformément à une longue tradition qui remonte aux Anciens, Rousseau assigne à la religion un contenu moral.

L’idée de religion naturelle, c’est-à-dire l’idée du contenu universel de toute religion, n’est pas propre à l’âge classique ; elle est à l’œuvre par exemple dans le dialogue sur les Dieux de Cicéron, et en terre païenne, comme ce sera le cas en terre chrétienne, les penseurs de la religion naturelle s’élèvent contre l’intolérance et le fanatisme puisqu’ils relèguent rituels ,sacrifices ,offrandes, institutions officielles des prêtres et des églises au rang de coutumes et usages déterminés par le lieu et l’époque .

Ils entendent tous ainsi défendre la vraie religiosité et combattre l’hypocrisie et la superstition. Reconnaissant cependant le caractère consolateur du rituel pour la majorité des hommes, Rousseau plaidera, en particulier dans son Contrat social pour une religion civile seule capable, à ses yeux, d’échapper à la tyrannie des clergés autant qu’à l’aveuglement d’esprits frustes et crédules.

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