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Un voyage dans l’Europe des Lumières au musée Jean-Jacques Rousseau au cours de deux visites-lectures inédites. Suivons les pas du philosophe

 

Pour une nuit, le Musée Jean-Jacques Rousseau nous a fait voyager en Europe.

A travers une sélection de textes, nous suivons Jean-Jacques Rousseau dans ses pérégrinations européennes au cours d’une promenade au Mont-Louis.

Une longue promenade dans les jardins et la maison du Mont-Louis sur le thème du voyage en Europe, de Genève à Venise en passant par Paris, accompagnée par des lectures à deux voix ( **) de textes illustrant les pérégrinations du philosophe dans diverses villes européennes. Des voyages par la pensée comme en Pologne, où Jean-Jacques n’y mis jamais les pieds.

Les pieds, ce fut son moyen de locomotion, quelle que soit la distance. Il exprime son goût pour la marche et la solitude lors de ses déplacements. On le qualifie alors de « promeneur solitaire ».

Jean-Jacques Rousseau
Emile (1762): « Les voyages à pied »

Je ne conçois qu’une manière de voyager plus agréable que d’aller à cheval, c’est d’aller à pied. On part à son moment, on s’arrête à sa volonté, on fait tant et si peu d’exercice qu’on veut. On observe tout le pays: on se détourne à droite, à gauche: on examine tout ce qui nous flatte, on s’arrête à tous les points de vue. Aperçois-je une rivière, je la côtoie:; un bois touffu, je vais sous son ombre; une grotte, je la visite; une carrière, j’examine les minéraux. Partout où je me plais, j’y reste. A l’instant que je m’ennuie, je m’en vais. Je ne dépends ni des chevaux ni du postillon. Je n’ai pas besoin de choisir des chemins tout faits, des routes commodes; je passe partout où un homme peut passer; je vois tout ce qu’un homme peut voir; et, ne dépendant que de moi-même, je jouis de toute la liberté dont un homme peut jouir.

Combien de plaisirs différents on rassemble par cette agréable manière de voyager! sans compter la santé qui s’affermit, l’humeur qui s’égaye. J’ai toujours vu ceux qui voyageaient dans de bonnes voitures bien douces, rêveurs, tristes, grondants ou souffrants; et les piétons toujours gais, légers, et contents de tout. Combien le coeur rit quand on approche du gîte! Combien un repas grossier paraît savoureux! avec quel plaisir on se repose à table! Quel bon sommeil on fait dans un mauvais lit! Quand on ne veut qu’arriver, on peut courir en chaise de poste; mais quand on veut voyager, il faut aller à pied.

 

Sans oublier un arrêt au fameux « Donjon »,  petit pavillon mansardé, qui était le cabinet de travail de l’écrivain.

 

 

C’est là qu’il écrivit Julie ou la Nouvelle Héloïse, la Lettre à d’Alembert sur les spectacles de l’Encyclopédie, Émile, ou De l’éducation et le Du contrat social.

 

 

 

 

(**) Bravo à Louise et Laure pour leur prestation de lecture en duo et la qualité de l’animation de cette nuit des musées à   Montmorency.

 

 

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