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Voltaire a été embastillé à deux reprises : une première fois en 1717 (pendant 11 mois) pour avoir publié un poème décrivant les amours incestueuses du Régent, et une seconde fois en 1726 , pendant 2 semaines.

Pourquoi …

Le saviez vous ? Cherchez un peu 

c’était pour avoir provoqué en duel le chevalier de Rohan-Chabot après une altercation.

Pour ceux qui s’étonnent de voir un lettré défier en duel un chevalier (on se demande intuitivement quelle chance il peut bien avoir), à savoir qu’après quelques remarques désobligeantes de Voltaire à l’encontre de Rohan, ce dernier l’a fait rosser par ses gens. Voltaire, l’honneur en miettes, a par la suite pris des cours d’escrime dans le seul but de le défier en duel.

Seulement, le chevalier a purement et simplement esquivé le conflit par l’intermédiaire d’une lettre de cachet, faisant emprisonner Voltaire. C’est suite à cela que l’homme de lettres s’est exilé en Angleterre, alternative bienvenue à l’emprisonnement.  

Tout commença en l’année 1725.

 « Le chevalier le trouve à l’Opéra et lui dit : Mons de Voltaire, Mons Arouet, comment vous appelez-vous ?« . L’autre réplique un peu vivement, plaisantant sur l’adjonction des deux noms Rohan et Chabot, et pour ce soir du moins, l’affaire s’en tient là.
Quelques jours plus tard, nouvelle rencontre entre les deux hommes, cette fois dans la loge de la comédienne Adrienne Lecouvreur. Vexé des attentions que lui accorde l’actrice, le chevalier apostrophe une seconde fois Voltaire, lui demandant comment le nommer :
« Voltaire ! répond l’impertinent. Je commence mon nom et vous finissez le vôtre ! » Le mot d’esprit est passé par tant de bouches qu’il a sans doute été déformé. Peu importe. On le retrouvera bien plus tard dans la Rome Sauvée, où le dramaturge fait dire par Cicéron à Catilina :
 Mon nom commence en moi : de votre honneur jaloux, 
Tremblez que votre nom finisse dans vous

Voltaire a toujours eu l’art de ces saillies. De son vivant, elles couraient de salon en salon, et le Tout-Paris s’en amusait.
Pourtant, en ce soir de janvier, Voltaire aurait dû s’abstenir d’humilier un grand en public.  Car le grand, lui, préparait déjà sa vengeance…

 

Pour ce qui se demandait, comme moi, si le verbe embastiller désigne mettre en prison ou emprisonner spécifiquement à la Bastille, il peut désigner les deux.

En effet, bastille était un nom commun qui désignait une place fortifiée, avant de devenir un nom propre. On pourrait croire que les Parisiens n’ont pas eu beaucoup d’imagination en lui donnant comme nom propre, le nom commun qui lui correspondait. Comme si on avait appelé le château de Versailles, le Château et la cathédrale Notre-Dame de Paris, la Cathédrale et même la ville de Paris, la Ville ! Mais en fait son vrai nom était la bastille Saint-Antoine, ce qui la décrivait parfaitement puisque c’était une bastille qui se trouvait à l’entrée du quartier Saint-Antoine. Et puis avec le temps, comme il n’y avait pas d’autre bastille dans les environs, dire simplement la Bastille à suffi à la désigner et ça lui est resté.