jean_paul_yves_le_goff

 » (…) Gardons-nous d’annoncer la vérité à ceux qui ne sont pas en état de l’entendre, car c’est y vouloir substituer l’erreur (…) Il vaudrait mieux n’avoir aucune idée de la Divinité que d’en avoir des idées basses, fantastiques, injurieuses, indignes d’elle. C’est un moindre mal de la méconnaître que de l’outrager. Les grand mal des images difformes de la Divinité qu’on trace dans l’esprit des enfants, est qu’elles y restent toute leur vie et qu’ils ne conçoivent plus, étant hommes, d’autre Dieu que celui des enfants.
(…)
Un enfant doit être élevé dans la religion de son père :on lui prouve toujours très bien, très aisément, que cette religion, telle qu’elle soit, est la seule véritable ; que toutes les autres ne sont qu’extravagance et absurdité. La force des arguments dépend absolument, sur ce point, du pays où on les propose. Qu’un Turc, qui trouve le christianisme si ridicule à Constantinople, aille voir comment on trouve le mahométisme à Paris. C’est surtout en matière de religion que l’opinion triomphe (…) « 

Jean-Jacques Rousseau, L’ÉMILE.