Shakespeare, l’étoffe du monde

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160Exposition : Shakespeare, l’étoffe du monde au CNCS

« L’habit ne fait pas le moine » dit le proverbe. Chez Shakespeare, c’est presque une règle de composition, un impératif éthique que de soulever robes d’apparat, armures étincelantes et pourpoints précieux afin de dévoiler la vilenie ou la beauté qu’ils cachent profondément, et mettre ainsi l’Humanité à nu.

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« Totus mondus agit histrionem » est-il écrit au fronton du théâtre du Globe : le monde est un théâtre, nous sommes des acteurs, en conséquence nos habits quotidiennement deviennent costumes, vêtures chargées de sens et de mensonge qu’il convient de décrypter, de percer à jour, de dépouiller pour libérer l’être ou le briser : Lear qui finit dans la chemise déchirée des fous et des pénitents, Richard II à qui l’on arrache les attributs vestimentaires du pouvoir au moment de sa chute, Ophélie noyée, ses jupons chargés d’eau fangeuse, Viola déguisée en jeune chevalier …

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Toujours les vers du Barde font référence aux étoffes, aux tissus, aux broderies, paraboles de l’existence que les Parques tissent avec patience et tranchent sans pitié, sur cette scène d’illusions où même les femmes n’en sont pas, interprétées qu’elles sont par de jeunes garçons. Aussi constituer la garde-robe d’une pièce de Shakespeare est-il délicat, aujourd’hui encore un véritable défi pour les couturiers qui vont façonner les tenues, pour les habilleurs qui vont devoir travestir les comédiens.

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Jeu d’équilibre entre des textes dépourvus de didascalies mais chargés de références souvent difficilement traduisibles et diversement interprétables, et la lecture à facettes de metteurs en scène très inspirés par ces mystères : pour célébrer les 450 ans du grand Will, le Centre National du Costume de Scène cis à Moulins a voulu revenir sur cette genèse particulière en proposant une exposition en trois temps. Plongée dans le cercle et les arcanes d’un théâtre élisabéthain, évocation des différentes typologies de vêtures du répertoire, depuis le puissant jusqu’au paysan, regard sur les interactions entre grands metteurs en scène, grands acteurs et grands stylistes.

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Au fil des salles, on verra le travail des costumiers évoluer d’une représentation historique fidèle à une lecture baroque et hiératique de la démesure shakespearienne. On verra également comment la perception et l’interprétation de Shakespeare a muté avec le temps, comment le regard porté sur son théâtre et ses œuvres s’est modifié, comment doucement artistes et publics se sont accaparés cet univers incomparable sans jamais en appauvrir le sens, en transpercer les secrets. L’occasion de découvrir le monde de Shakespeare d’une manière inattendue et marquante.

http://www.cncs.fr/

La Société SIAM JJR au Forum des Associations

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Fete AssosComme chaque année la Société Internationale des Amis du Musée Jean Jacques Rousseau (SIAM JJR) sera présente au Forum des Associations le Samedi 6 Septembre 2014.

Nous présenterons nos activités, les éditions /publications et les projets de la Société pour 2015.

Notre stand en relation avec le Musée sera l’occasion d’échanger sur  les oeuvres de Rousseau mais également de présenter le travail important du « comité scientifique » du Musée.

Nous vous attendons pour continuer ensemble l’intérêt que nous avons pour le Musée Jean Jacques Rousseau de Montmorency.

La SIAM JJR accueille toutes les personnes qui aiment ce Musée au patrimoine inestimable, et s’intéressent aux oeuvres et à la vie du philosophe. Simples curieux, amateurs chevronné, étudiant ou philosophe : chacun y a sa place.

Christian DIDIER

Président

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Rousseau : le progrès impossible

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Unknown-1Faut-il être un mauvais coucheur pour affirmer, comme Rousseau, que l’homme qui médite est un animal dépravé, et que nos moeurs se sont corrompues à mesure que nos sciences et nos arts se sont avancés à la perfection ? En même temps, comment lui donner tort ? Le XX siècle et ses horreurs n’est-il pas la preuve qu’on aurait mieux fait de nous en tenir à l’état de nature ? Le discours sur les sciences et les arts (autrement appelé « premier discours ») est, comme souvent chez Rousseau, un texte magnifique, pertinent et antipathique. Sa critique des sciences, sa haine du luxe et son mépris de la politesse donnent envie, rien que pour l’écoeurer, de le couvrir de diamants et de lui faire mille courbettes, mais l’idée selon laquelle le progrès technique et le progrès moral ne vont pas à la même vitesse demeure la trouvaille d’un jeune homme que sa mauvaise humeur transforme en devin.

 

Pour écouter l’émission cliquez sur l’image :

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