Le jardin à l’anglaise de Clarens (Rousseau, La Nouvelle Héloïse)

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Pano_jdp-j-ecologiqueJardin à l’anglaise Nature souveraine, simplicité, aucun art ni artifice, « plaisirs vrais » d’une « âme saine », utopie…    Saint-Preux à Mylord Edouard

[Dans cette lettre, Saint-Preux rapporte les paroles de M. de Wolmar qui vient de lui faire visiter l’Elysée, jardin de son château, où la nature semble avoir tout ordonné. « L’erreur des prétendus gens de goût, a-t-il dit, est de vouloir de l’art partout et de n’être jamais contents que l’art ne paraisse ; au lieu que c’est à le cacher que consiste le véritable goût, surtout quand il est question des ouvrages de la nature. »]

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« Que fera donc l’homme de goût qui vit pour vive, qui sait jouir de lui-même, qui cherche les plaisirs vrais et simples, et qui veut se faire une promenade à la porte de sa maison ? Il la fera si commode et si agréable qu’il s’y puisse plaire à toutes les heures de la journée, et pourtant si simple et si naturelle qu’il semble n’avoir rien fait. Il rassemblera l’eau, la verdure, l’ombre et la fraîcheur ; car la nature aussi rassemble toutes ces choses. Il ne donnera à rien de la symétrie ; elle est ennemie de la nature et de la variété ; et toutes les allées d’un jardin ordinaire se ressemblent si fort qu’on croit être toujours dans la même ; il élaguera le terrain pour s’y promener commodément, mais les deux côtés de ses allées ne seront point toujours exactement parallèles ; la direction n’en sera pas toujours en ligne droite, elle aura je ne sais quoi de vague comme la démarche d’un homme oisif qui erre en se promenant. Il ne s’inquiètera point de se percer au loin de belles perspectives : le goût des points de vue et des lointains vient du penchant qu’ont la plupart des hommes à ne se plaire qu’où ils ne sont pas : ils sont toujours avides de ce qui est loin d’eux ; et l’artiste qui ne sait pas les rendre assez contents de ce qui l’entoure, se donne cette ressource pour les amuser […].

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Rousseau et Rameau, adversaires en musique

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RousseauRameauRousseau et Rameau adversaires en musique

Par Raymond DANY

Au siècle dit des « lumières » ,les « intellectuels s’intéressent à tous les arts et en particulier à la musique. Est-ce l’influence du projet de l’Encyclopédie qui cherche à faire le point sur le cercle total des des connaissances humaines ? sans aucun doute, mais l’Encyclopédie est aussi le fruit de l’époque, dans laquelle les penseurs tendent à étendre leur activité intellectuelle sur tous les sujets et y faire porter la mise en examen de tout ce qui est énoncé, produit, et pensé . Notre siècle dira Kant est le siècle de la critique . Ainsi tous les artistes, philosophes, sont en constante confrontation ; il n’existe pas à ce sujet de domaine réservé. Ce siècle bouillonne d’idées, d’oppositions, de luttes idéologiques , avec cependant quelques références communes : la philosophie anglaise, celle de Locke en particulier, le sensualisme de Condillac, la pensée de Newton contre celle de Descartes, par exemple, dans le petit cercle de ceux qui sont cultivés , regardent les tableaux, vont au théâtre, à l’opéra et sont assidus, s’ils sont parisiens, au Concert spirituel .

Du point de vue de la musique, là où l’on s’attendrait à des confrontations tranchées entre musiciens, l’on se retrouve avec un ensemble croisé de collaborations, de remarques, de critiques, de soutiens, de crises; et tous ceux qui y participent sont en interrelation. Voltaire écrit des livrets pour Rameau ( le Temple de la gloire, la Princesse de Navarre) ; Diderot croque le Neveu de Rameau, mais en même temps nous dit bien des choses sur l’oncle ; et ses considérations sur la musique abondent; D ‘Alembert écrit à l’usage de ceux qui n ‘auraient pas compris les théories musicales de Rameau, des Eléments de musiquequi en expliquent les principes ; Grimm, tout en déclarant la musique française bien inférieure à l’italienne, félicite pourtant Rameau pour son « ballet bouffon »  de Platée ; quant à Rousseau, il collabore avec Voltaire ( ce sera la seule fois) pour la transformation de laPrincesse de Navarre deRameau en Fêtes de Ramire ; son rapport amical à Voltaire sera de courte durée, on le sait. Mais sa relation à Rameau est extrêmement complexe. Il lit avec peine le Traité de l’harmonie réduite à ses principes naturels pendant son éducation musicale en grande partie autodidacte ; il espère en vain être adoubé par le maître en faisant répéter devant lui ses Muses galantes .

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Les anthropologies de Rousseau

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Colloque Rousseau et Les sciences de L’homme

17 et 18 Novembre 2015

Les anthropologies de Rousseau

Identifier et analyser les registres anthropologiques de la pensée de Rousseau à travers l’ensemble de son œuvre : anthropologie philosophique, humanité de l’homme, nature humaine, anthropologie sociale et culturelle, fondements de la société, rapport entre autobiographie et connaissance de l’homme…

Le Programme  >>>>  Prog-Rousseau(1) (1) (1)

Communication : MRL – Maison de Rousseau et de la Littérature

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20150709123417897_300_161_1_0Remise du prix Terra nova 2015 à la poète Mathilde Vischer

Mercredi 9 septembre à 20h

La MRL a le plaisir d’accueillir la remise du prix Terra nova 2015 de la Fondation Schiller Suisse qui récompense un-e auteur-e en début de carrière. Il est attribué cette année à Mathilde Vischer pour Lisières (éd. p.i.sage intérieur, 2014).
Ce premier recueil de proses poétiques de la Genevoise, également traductrice littéraire, a séduit le jury «par sa grande puissance évocatrice et son remarquable travail sur la forme: une écriture épurée, à la fois très précise, sensible et sensuelle, qui cherche la justesse dans des images singulières».

La remise du prix sera suivie d’une rencontre avec Mathilde Vischer, qui lira également des extraits de son recueil.

Rencontre animée par Lisbeth Koutchoumoff
Entrée libre
Descriptif complet sur le site de la MRL

Cette soirée est organisée en partenariat avec la Fondation Schiller Suisse.
Photographie: Yvonne Böhler
Écrire la ville, Genève ou l’exotisme du proche
Atelier d’écriture avec Blaise Hofmann
Du 10 octobre au 3 novembre

Cet automne, l’écrivain Blaise Hofmann animera un atelier d’écriture ouvert à tous.

Les participants seront invités à s’inspirer de la ville, en la regardant peut-être autrement, pour élaborer leurs projets personnels. Des propositions ludiques, souvent en plein air, des discussions avec l’écrivain ou le groupe nourriront l’écriture des textes dont les dernières versions pourront être affichées à la MRL.

Depuis 2009, Blaise Hofmann anime des ateliers d’écriture à l’Institut littéraire suisse, dans les écoles, les collèges, pour des festivals littéraires et des associations culturelles. Il est l’auteur de plusieurs livres, parmi lesquels Billet aller simple (éd. L’Aire, 2006), Estive (éd. Zoé, 2007, Prix Nicolas Bouvier) et Marquises (éd. Zoé, 2014) ainsi que de plusieurs pièces de théâtre et spectacles musicaux.

Dates et horaires:
Samedi 10.10 de 9h à 17h
Mardis 20.10, 27.10 et 03.11 de 16h à 20h
Descriptif complet et conditions de participation sur le site de la MRL
MRL
Maison de Rousseau et de la Littérature
Contact: info@m-r-l.ch
Téléphone: +4122 310 10 28
Grand-Rue 40, 1204 Genève
Avec le soutien de la Ville de Genève
et de l’Etat de Genève